Date de création : 04.08.2012
Dernière mise à jour :
22.11.2025
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lol
Par Anonyme, le 26.02.2026
je suis sous le choque !!!
Par Anonyme, le 24.02.2026
très bien
Par Anonyme, le 07.02.2026
hello, c'est l'anime "nagi no asukara" ; de la romance - tranche de vie - un peu de thème sur les "sirènes" :)
Par Blue - Lily S, le 06.02.2026
c’est un anime ? si oui le nom svpppp
Par Anonyme, le 06.02.2026
My Time At Portia – Rebirth
Chapitre 7 (partie 1/2):
Signes de trouble
Tout était redevenu dans l’ordre.
Les résidents de Portia avaient pu récupérer leurs affaires manquants. Certains ont été ramené par Aurore et nombreux ont tenu à la remercier avec des suppléments, qu’elle ne pouvait refuser. Après cet événement, absolument tout le monde l’appréciait encore plus que avant. Beaucoup la complimentait, l’admirait même.
Assise confortablement sur un sofa de la maison du maire, accueillit par Ginger, la rouquine se sentait presque être gênée qu’elle l’ait invité ici. Surtout pour qu’elle lui conte – dans les moindres détails – ses aventures. Sa nouvelle amie avait ses iris qui brillaient de mille feux, tellement elle était submergée dans son histoire.
Une fois que le récit était achevé, la constructrice se servit du thé offert par Russo. Ce dernier, droit et discret, se maintenait à distance dans un coin de la pièce. Il était un majordome très fiable à cette famille selon les dires de Sonia. Apparemment, pendant la guerre, Gale l’avait secouru et suite à cela, lui étant entièrement redevable, il donnait son âme et corps pour lui et sa famille.
— Haha, quelle surprise ! Rit doucement Ginger, une main près de sa bouche. Être tombé sur le Prince Rat comme ça, mais tu l’as vaincu ! Tu dois être si forte ! Merci d’avoir prit le temps pour me raconter tes aventures. J’ai adoré.
— Je t’en prie ! Je n’allais tout de même pas ignorer ta lettre. Lui sourit gentiment Aurore puis, elle porta la tasse de porcelaine à ses lèvres. Oh ! C’est bon ! C’est quoi ?
— De l’infusion à la camomille. Lui répondit à la volée Russo. Miss Ginger apprécie ce goût.
Ginger acquiesça pour confirmer ses dires.
— Tu veux qu’on t’en donne un peu ? Nous en avons pas mal en cuisine !
— Oh non ! J’ai pas forcément le temps pour prendre le thé… Gloussa Aurore, restant humble.
— J’insiste ! Pour avoir protéger Portia…
Impossible de refuser à ces petits yeux de chiot qu’elle lui lançait. La constructrice se prit une flèche invisible au coeur, ne pouvant décliner à cet offre si généreuse. Avec embarras, la rouquine souffla, céda, ce qui semblait ravir Ginger. De suite, le majordome s’inclina, sourit, s’absenta pour s’acquérir des morceaux nécessaires. Une fois qu’il disparu dans un couloir, Aurore baissa les yeux.
Tous étaient si adorables. Toute l’attention qu’elle percevait depuis hier, c’était beaucoup trop d’un coup. Son égo était flatté comme ennuyé de tout recevoir. Après tout, la jeune femme n’était pas une extraordinaire combattante.
Après avoir salué les deux personnes, elle quitta la demeure du maire. Une fois à l’extérieur, avec un petit bocal contenant de la camomille infusée, Aurore relâcha un long soupir. Ses épaules descendirent, accompagnant ce moment de quiétude. Jusqu’à une nouvelle personne ne vienne l’interpeller. Surprise, la rouquine constata qu’il ne s’agissait que du chef de la Brigade Civile. Il la saluait, avec un sourire amical et chaleureux.
— Bonjour Arlo !
— Alors on apprécie toute l’attention sur toi, l’héroïne du jour ? Lança t-il, sarcastique.
Les joues de la jeune femme s’empourprèrent.
— Oh pitié, ne blague pas sur ça, c’est assez gênant tout ça…
— Tu ne prends pas la grosse tête à ce que je vois, c’est une bonne chose.
— Pourquoi je le devrais ? C’était un accident tout ça.
Un rictus naquit sur les lèvres de Arlo. Il passa sa main sur sa hanche, visiblement satisfait de cette réponse neutre et sincère.
— C’est vrai. Et sinon, j’étais venu te faire une proposition.
— Une proposition ? S’étonna la constructrice, toute à l’écoute.
— Je me disais… Si jamais tu te lasses d’être une constructrice, il y aurait une place libre pour toi en tant que officier dans la brigade civile. Tu pourrais être douée, je pense.
Stupéfaite, Aurore pouffa assez vite. Une offre très alléchante, qui nécessitait réflexion. Toutefois, le choix était fait depuis petite, ce qui étonna le roux en face d’elle, ne connaissant pas ses raisons.
— Qu’est-ce qui est drôle ?
— Rien, c’est juste très gentil à toi… Mais… J’aime ma situation actuelle. Lui confia t-elle avec un grand sourire. Désolé, j’ai pas pour programme de faire haute surveillance h24 comme vous.
— Et ce n’est peut-être pas plus mal, lui approuva t-il, un brin amusé animant dans son regard.
— Mhm, surtout que je ne t’ai toujours pas vaincu en lutte.
— Vrai. Rit doucement Arlo. Tu veux un match ?
La jeune femme secoua doucement sa tête. Elle désigna ses jambes du regard, toute penaude.
— J’ai encore beaucoup de courbatures…
— Quelle excuse, tu as manqué tes étirements je parie.
— Comment tu veux que je m’étire alors que j’ai mal partout ??? S’indigna la rouquine.
— C’est la base. Allez, fait-le, tu verras que j’ai raison. Tu te sentiras un peu mieux.
Décidé et pas prêt de bouger, il restait sur ses positions. Le chef de la brigade civile croisa ses bras contre sa poitrine, examinait attentivement l’une de ses résidentes devenue… préférée en peu de temps. Aurore fronça des sourcils. Hors de question de le satisfaire ! De plus, si elle faisait trop d’efforts, ses muscles allaient lui rappeler la définition de la douleur.
Non, aujourd’hui c’était repos. Point barre. Il fallait savoir doser les limites !
En pleine réflexion sur comment détourner cette situation, il fallut qu’une personne extérieure vienne lui donner grâce.
— Arlo ! Tu aurais vu Toby ??? Il a encore fuit mademoiselle Lucy ! L’appela Marty, à bout de souffle.
Ses mains appuyées sur ses genoux, la femme travaillait sur sa respiration. Signe qu’elle avait quitté sa petite boulangerie pour chercher de l’aide.
Profitant de cette situation, Aurore tourna vite les talons et se mit à courir le plus vite possible, malgré la chaleur et cette sensation de picotement aux jambes.
— Hé ! Lâcha au loin Arlo, mais trop tard, il était hors de portée.
Et heureusement pour la constructrice, cet homme avait désormais autre chose à faire que de rattraper inutilement une résidente qui n’avait commis aucun délit.
Les jours s’enchaînaient tranquillement.
En guise de cadeau d’anniversaire, la rousse avait créé une petite statuette de lama – aidée par Oaks, un résident vivant avec un ours en peignoir. Qu’elle fut sa surprise quand il lui avait proposé ses lumières pour bien ajuster le bois ! Au final, Thomas était ravi et sa femme avec. Ayant au passage achevé une commission à la guilde, la jeune femme se retrouvait à avoir un peu plus de temps libre. Ses jambes la guidaient jusqu’à cet immense portail verrouillé, bloquant l’accès des ruines périlleuses à la ville. Pour avoir l’autorisation de s’y rendre, la constructrice devait faire ses preuves auprès des membres de la brigade civile.
Maintenant qu’elle allait bien mieux après son affrontement contre le Prince Rat, elle pouvait bien lutter contre eux. De plus, de l’autre coté de cette barrière, se trouvait bien de nouveaux matériaux qui lui seront utiles, prochainement – bien que son coté curieuse et aventurière lui donnait également envie d’explorer les environs !.
Pleine d’entrain et de détermination, elle descendit le long des marches, en proie de localiser un des membres de la brigade civile. Et une personne se trouvait justement à la place centrale ; pas loin de la balançoire. Ce dernier faisait sa ronde régulièrement, surtout dans cette zone. Aurore leva sa main, interpella l’homme, le tirant hors de sa bulle remplit de concentration.
— Remington !
— Bonjour constructrice ! Tu as besoin de quelque chose ? Lui sourit gentiment Remington.
— Oui ! Lutte contre moi !
Directe. La jeune femme se pointait du pouce avec un grand sourire, enthousiaste. L’homme à la coupe de cheveux verte cligna plusieurs fois des yeux, procéda à une grande réflexion, un peu lent à la compréhension. Avec un sourire, cette fois-ci gêné, il inclina sa tête par-dessus son épaule gauche.
— Uh ? Non pas que je suis contre… Mais pourquoi ? Demanda t-il, confus.
— Pour les ruines périlleuses !
— Ah. Ça explique pourquoi…
Remington gloussa, porta ses mains sur ses hanches. Il considéra plus sérieusement l’audacieuse constructrice en face de lui. Ce qui était certain, c’était qu’elle n’avait peur de rien. Contrairement à Higgins qui devait débourser de l’argent auprès de la brigade civile pour obtenir tout les matériaux, elle, était prête à récupérer ce dont elle avait besoin de ses propres mains.
Par mesure de sécurité et de rappel, l’homme lui rappela des consignes en levant son index.
— Tu dois tenir deux minutes contre moi. Si tu réussi, tu auras l’autorisation.
Intriguée, Aurore haussa un sourcil. Deux minutes ? On lui avait sortit une minute l’autre jour. Qu’importe, elle fera tout ce qu’il faut pour obtenir son laisser-passer. Avec le sourire, elle acquiesça. La jeune femme recula, se positionna. Puis, au départ, Remington ouvrit le bal en se rapprochant d’elle.
Sa jambe dominante se leva, vint viser la constructrice qui esquiva aussitôt. Le protecteur de Portia gardait une posture défensive bien qu’il se tenait sur une seule jambe. On pouvait parfaitement deviner qu’il maîtrisait parfaitement son style de combat. Qu’il n’était pas un amateur. Au contraire, l’homme aux cheveux teints en vert dégageait un air d’ancien combattant agréé.
Cependant, il y avait autre chose qui était visible. Remington semblait camoufler un léger handicap en dépit de ses aises. Les pupilles rosées de la jeune femme se mirent à briller et, instantanément, sans laisser la moindre chance à son adversaire, elle se rua sur lui. Assez surprit par sa témérité, le membre de la brigade civile évita de se faire avoir si facilement. Il était certes conscient que sa blessure pouvait être un désavantage, toutefois, il n’était pas aussi faible.
Dans un mouvement circulaire, il frappa la constructrice. Celle-ci le bloqua avec son bras replié, couvrant une partie de son visage. Les sourcils froncés, elle restait focalisée sur la faiblesse du vert. Lorsque ce dernier intervertit ses jambes à la dernière minute, Aurore eut un mouvement presque naturel qui désarma entièrement Remington.
Elle venait de plaquer ses mains contre le sol résineux, son corps se baissa également. Suite à ce mouvement pratiquement maladroit et à la fois soudain, son épiderme se frotta contre le gravillon, éraflant au passage sa peau. Elle envoya d’un balayage sec, son pied sur le genou de l’homme en face d’elle. Immédiatement, il grimaça, grinça des dents pour ne pas relâcher un gémissement dans l’air.
— Oh ! S’exclama une personne du public, probablement Mei, une journaliste les plus fidèles de Portia.
— Elle se débrouille bien ! Ajoute Mars.
Guidée par un fantôme orangé, Aurore reproduisit le même schéma ; celui de faire une prise de ciseau avec ses jambes. L’un allait de la rotule vers l’arrière tandis que l’autre, de l’arrière vers l’avant, de quoi faire perdre l’équilibre. Tout se faisait si vite, que cela déstabilisa Remington. Les yeux ronds en soucoupe, il tomba, se rattrapa avec ses mains couverts par ses mitaines.
Haletant, il observa à la foulée son adversaire. Il se surprit de la voir si concentrée, si...Imperturbable.
Ses réactions ressemblaient à ceux qui avaient déjà expérimenté un réel combat. Et cela l’abasourdit pas mal. Très vite, Aurore revint à elle, cligna plusieurs fois des yeux, relâcha immédiatement Remington et se rapprocha de lui, à quatre pattes, anxieuse de lui avoir fait mal.
— Je suis désolé ! Je ne t’ai pas fait du mal ?! Tu veux que je ramène le docteur Xu ??
— Ne t’inquiète pas, lui rassura Remington qui rit doucement, attendrit par son inquiétude. Tout va bien !
Avec un peu de difficulté, l’homme se redressa. Il plissa légèrement ses paupières et zieuta une énième fois en direction de la constructrice. Elle était réellement sincère. Concernée. Elle craignait d’avoir fait une bêtise et au vu de sa pâleur et son regard remplit d’appréhension, Remington se doutait qu’il devait mieux faire pour la calmer.
Avec un sourire honnête, une fois s’être redressé, il ignora au mieux sa douleur imminente qui dégageait de sa rotule. Il posa une main sur le crâne de Aurore, la félicita pour avoir réussi l’épreuve donné par la brigade civile. Elle avait fait ses preuves. Et il fallait bien l’admettre, elle était pleine de surprise !
Et de secrets à la fois. Il ne pouvait omettre ce détail qui le titillait.
— Et avec ça, j’approuve ton passage aux ruines périlleuses ! Proclama le protecteur de Portia.
Un maigre sourire se dessina sur les lèvres de la jeune femme. Encore un peu honteuse de lui avoir fait du mal, elle se vu être ébouriffée par Remington.
— Ne fait pas cette petite mine ! Tu as gagné ! C’est super ! Prononça t-il gaiement.
— Mmmhm…
— Je me demande bien où tu as apprit ces mouvements !
— Par une connaissance. Lui sourit Aurore.
Un rictus apparut sur les lèvres de l’homme aux cheveux teintés en vert. Il positionna une main sur sa hanche. Une connaissance ? Relativement vague, qu’il avait très envie d’apprendre plus sur cet individu.
— De Barnaroc ? En déduisit-il.
— Yep’ !
— Il serait très fier de toi !
À cette mention précise, la gorge de la rouquine se serra. Elle adressa malgré tout, un sourire honnête, ferma ses yeux, ravala ses propres larmes. Une silhouette de dos, floue, aveuglante remontait jusqu’à elle. Il ne s’agissait que d’un propre flash qui lui venait à l’esprit. Au lieu de la flatter, elle ne pouvait ressentir que un coup de poignard indirectement placé à son coeur.
— Oui, il le serait sûrement ! Répliqua t-elle, en s’éclaircissant la voix.
Se rappeler des personnes qu’elle avait connu autrefois représentait un chemin épineux. À chaque mentions, images, sons, odeurs, venaient la piquer, griffer de partout. Tout ceci n’étaient qu’une illusion provoqué par son coeur. Parce que rien ne pourrait panser sa douleur. Ni rien ne pouvait effacer son parcours.
Et rien ne pourrait remplacer son choc de savoir que son propre géniteur reprenait contact avec elle, après l’avoir ignoré, abandonné depuis de nombreuses années.
— Aurore ? L’appela doucement Remington, inquiet. Tu es pâle, tout va bien ?
Retiré de sa transe, la constructrice sursauta légèrement et leva ses mains, un rire nerveux se déploya de sa gorge.
D’un coup, elle avait grand besoin de s’isoler. Très vite douée pour s’éclipser, la rousse prétexta vouloir chercher ce qu’il fallait avant sa visite aux ruines périlleuses. Elle remonta hâtivement les escaliers, ignora quelques applaudissements du publique – y comprit les questions insistant de Mei, qui voulait écrire un super article la concernant.
Le coeur de la jeune femme s’accélérait. Sa respiration devenait un peu plus saccadée, pour une raison qu’elle savait très bien. Elle était juste en train de faire une crise. D’angoisse. Il ne fallait pas. Que penseraient les autres si jamais on la voyait dans cet état aussi pathétique ?
Tante Kendra lui avait bien apprit à rester focus. À garder le sourire quoi qu’il advienne. Et mentir, juste pour ne pas inquiéter les autres était simplement un moyen de détourner l’attention. Un flot de souvenir submergea la constructrice qui faisait de son mieux pour paraître calme et posée.
« — Bien… On m’a dit que tu devais consulter un psychologue, pas vrai, Aurore ? Alors, qu’as-tu vu aux mines ?
Silencieuse, le regard baissé, la rousse triturait nerveusement ses doigts. Ses ongles étaient rongés. Quelques unes saignaient et le visage de la jeune fille était en partie couvert de pansements, éraflé. Sous ses yeux, des cernes violacés. Ses jambes restaient immobiles, son dos était courbé vers l’avant.
Dans cette petite pièce en blanc maculé, en dépit de ce bureau en bois ancien, il n’y avait que des meubles avec des équipements nécessairespour traiter des patients de Barnaroc.
— Aurore, le silence ne résout rien. Soupira le médecin.
Sa voix était plus dure, impatiente. Le médecin âgé de plusieurs année tapota le bout de son crayon sur la feuille vierge qu’il avait sur son calepin. Le son régulier et à la fois stressant de l’horloge n’aidait guère rien. Ne trouvant pas d’autre alternative, l’homme se leva de sa chaise, abandonna son calepin dessus et tourna le dos à sa patiente. Il vint alors se tourner vers l’unique fenêtre disponible dans sa clinique. Dehors, le soleil était radieux et il faisait encore très sec. Chaud.
Et bien que la pièce était entretenue par un ventilateur, cela ne suffisait guère à satisfaire quiconque.
— C’est ta tante qui a demandé cette séance, tu sais qu’il y a aussi une autre victime que je dois consulter après toi ? Lui sortit le médecin, du tac au tac.
— Oui, docteur.
— Et tu n’as rien à dire ?
— …
Hésitante, Aurore entrouvrit ses lèvres, voulut sortir quelque chose mais rien ne se produit. Sa voix était comme éteinte, la privant de communication avec les autres. Fiévreuse, sa poitrine lui faisait atrocement mal. Difficilement, elle haletait, recherchait de l’oxygène pour satisfaire ses poumons qui peinait à trouver de l’air. La rouquine leva ses yeux, larmoyant, en direction du docteur qui ne la regardait pas.
Il était comme un mur qui se dressait sous ses yeux. Les battements du coeur de l’adolescente devenaient de plus en plus lourd, insistant, la rendant impuissante et faible.
— Il était un explorateur. Il savait à quoi il s’exposait. C’est une tragédie ce qu’il lui est arrivé, comme à ses compagnons. Mais… C’est l’ordre naturel des choses. Le monde n’est pas aussi bienveillant. Tu as été témoin de son décès, mais tu es revenue saine et sauve avec sa fiancée. C’est déjà miraculeux que vous êtes une petite poignée qui a pu fuir ces mines abandonnées.
— Je..._
— On est même pas une cité libre, on est peu d’habitants et en plus vous vouliez explorer des coins dangereux, alors que toi tu étudies encore pour devenir une constructrice ! Tu devrais désormais cesser suivre des personnes qui te correspondent pas.
Le médecin se tourna, l’observa de son œil marron foncé. Il prononça plus lourdement, sur une pointe de déception :
— Tu ferais honte à ton père, jeune fille. Bien, maintenant je vais te prescrire des antibiotiques, mais aussi de quoi faire passer tes crises d’angoisses. Il serait grand temps que tu te reprennes, le métier de constructeur est demandé, ce n’est pas évident. Comme la médecine ! »
Aurore haletait. Sa main finissait par se poser contre une surface lisse. Ne sachant déduire de quoi il s’agissait, il fallut que quelqu’un vienne la redresser. Revenue à elle-même, la constructrice remarqua que le docteur Xu était présent, très inquiet. Sa main vint se poser sur le front de la rouquine, fronça des sourcils. Il prenait sa température, jaugeait de l’importance de la santé de la nouvelle résidente.
— Tu es fiévreuse, viens avec moi !
La main de l’homme se glissa sur celle de sa patiente de dernière minute qu’il avait entrevue derrière sa porte en verre. Il la conduisit à l’intérieur de sa petite clinique, sous l’air stupéfait et inquisiteur de l’infirmière. Le noiraud aida la rouquine à s’asseoir sur le lit de patient.
— Tu as de la migraine ? Tu arrives à compter combien de doigts je te présente ?
Consciencieux dans son travail, Xu s’accroupissait pour être à la bonne hauteur. Aurore battit des cils, sonnée. Soudain, elle se mit à pouffer, presque naturellement.
Lui, n’avait strictement rien à voir avec le médecin à Barnaroc. Non. Xu, était plus attentionné, prudent et bienveillant. Et curieusement, tout le stress de la jeune femme s’était envolé. Un peu plus légère, elle adressa un sourire sincère auprès des deux adultes devant elle.
— Désolé, je pense juste que c’est l’humidité de Portia qui m’a un peu prise par surprise !
— Je t’ai pourtant dit de faire attention… Soupira Xu, dépité.
— Mais je fais attention ! Vraiment !
Phyllis sourit doucement et vint réajuster les cheveux de la constructrice. Elle gloussa, amusée.
— C’est beau d’être énergique, mais fais attention à toi. Glissa l’infirmière alors qu’elle lui fit un clin d’oeil.
Aurore rougissait. Avait-elle comprit autre chose ? Précipitamment, pour se couvrir, la jeune femme s’expliqua, rapidement, en cogitant sur le lit.
— Non ! C’est pas ça ! Je me suis lutter contre Remington pour pouvoir aller aux ruines périlleuses et..._
— Hein ? Mais c’est dangereux ! S’écria Xu, outré.
— Oh mais c’est pour ça que j’allais venir ! Pour prendre des bandages et…
— Il y a des créatures plus redoutables que sur l’île ambre ! Renchérit le docteur.
Il voulait l’atteindre, la persuader de ne pas s’exposer au danger aussi impunément. Aurore le comprit et lui sourit doucement, se mit à balancer doucement ses jambes sans toucher le sol.
— J’irai bien. Assura t-elle. Si jamais je suis blessé, je viendrais vous voir ! Et puis, je vais surtout pour récolter des matériaux nécessaires.
— Tu ne veux pas faire comme Higgins ? Payer la brigade civile pour s’en charger ? Lui questionna Phyllis.
— Nope. Hors de question. J’ai besoin de me défouler et explorer ! Répondit Aurore avec fermeté, les bras croisés, sérieuse.
Son entêtement suffisait au docteur pour soupirer, se redresser. Il lui sourit maladroitement.
— Très bien. Mais promet-moi juste d’être prudente. Compris ?
— Oui, oui, promis !
La constructrice leva son petit doigt. Ce genre de petit geste était une chose que sa mère lui faisait régulièrement. Captant les regards ahuris des deux adultes, Aurore rougissait violemment et rangea aussitôt son doigt. Morte de honte, elle se mordit les lèvres inférieures, évita tout contact visuel avec eux.
Phyllis riait doucement, trouva ceci adorable et voulut la convaincre de ne pas à avoir honte. Elle nota que le docteur avait aussi les joues rosies et il redressait mécaniquement ses lunettes au bout de son nez. Il tournait des talons, vint récupérer ce qu’il fallait dans sa vitrine.
— Habituellement, je ne fais pas ça, mais je vais faire un prix d’ami. Que dirais-tu de cinq bandages pour on va dire… cinq cent golds ?
— Si peu !? S’alarma Aurore, les yeux ronds.
— Eh bien, eh bien… Murmura Phyllis, amusée.
— J’insiste. Du moment que tu fais attention à toi.
D’un coup, Aurore fouilla dans son sac. Supposant qu’il s’agissait de l’argent, Xu fut surprit de la voir lui tendre un topaz, tout brillant. Stupéfait, le noiraud jongla entre ce petit trésor et la constructrice, sérieuse.
— Je te l’offre aussi !
— Vraiment ? C’est… généreux…