Date de création : 04.08.2012
Dernière mise à jour :
22.11.2025
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que se besen que se besen¡
Par Anonyme, le 27.01.2026
je le veux svp
Par Anonyme, le 05.11.2025
can you make dark afuro with aura bro?
Par Anonyme, le 24.09.2025
ok
Par Anonyme, le 16.09.2025
c cool
Par Anonyme, le 10.09.2025
Chapitre 4 (1/2):
Un vendredi chargé
— Un tournois de pêche ?
Se dirigeant vers la ville de Portia, accompagnée par sa voisine fermière, Aurore et elle s’étaient croisées au même moment. Emily avait engagé en première la conversation. D’un sourire toujours aussi rayonnant que le soleil présent dans le ciel dégagé, elle venait tout expliquer, avec beaucoup d’entrain.
— Oui ! C’est dans une semaine, pour être exact ! Tout le week-end !
— J’arrive à peine qu’il y a déjà ça, hein… Sourit doucement la rousse, pensive.
— Au fait ! Tu sais pêcher ?
Un rire gêné s’échappa des lèvres de la constructrice.
— Non… à Barnaroc il vaut mieux avoir un permis pour ça.
— Hein ?! Il faut un permis de pêche pour faire ça là-bas ? S’exclama Emily, ahurie.
— Il fait très sec et l’eau est une ressource très précieuse.
— Et.. il y a souvent des événements festifs là-bas ? Voulut savoir la fermière.
— Il y a peu d’habitants comme les conditions de vie sont très difficiles. Alors il n’y a que des bases. Par exemple celui en automne, on prend une journée pour honorer la mémoire de nos ancêtres. La solstice aussi en hiver. Et… c’est tout.
Pendant que la jeune femme citait le nombre avec ses doigts, elle fut subitement happé par une personne avec une corpulence plus ronde, importante. Sa voix grave et à la fois suppliante, il considérait depuis ses lunettes de soleil, la nouvelle arrivante. Souriante, Emily le saluait, toujours aussi joyeuse et amicale.
— Bonjour Qiwa !
— J’ai besoin de ton aide, constructrice ! Contourna l’homme ce qui étonna la blonde, de s’être prit un vent magistral.
— Euh...oui ?
Dans un mouvement précis, il semblait imiter un personnage, dans un rôle bien précis. Sous les regards confus des deux jeunes femmes, qui clignaient plusieurs fois des yeux, il grommela, dû s’expliquer.
— Une canne à pêche ! Définit-il. La mienne vient de rendre son âme hier soir ! J’en ai besoin d’une ! Et rapidement ! Et une bien résistante !
— Ah euh..._
— Tu as trois jours ! Pas plus ! Ce n’est pas si compliqué à concevoir ça, pas vrai ? Allez salut !
Très pressé, l’homme au chapeau plat violet, s’éloigna en courant à son rythme. Les deux jeunes femmes l’observaient partir, abasourdies. Chacunes, s’échangèrent un rapide sourire embarrassé. Pour éviter tout malentendu, Emily rigolait avec légèreté, posait une main sur l’épaule de sa nouvelle amie.
— Il… Il doit être juste mal de ne pas pouvoir vaquer à sa passion. Il aime autant la pêche que Tody !
— Je...oui, je suppose.
Ne souhaitant pas rester coincé sur ce moment gênant, la rouquine rebondissait, avec un sourire rayonnant. Elle s’expliqua qu’elle devait se rendre à la guilde des commerces et prendre la première commission la mieux payée. Compréhensive, la fermière acquiesça, salua gentiment sa camarade et l’abandonna sur la place Peach. Désormais seule, d’un pas déterminé, la jeune femme remonta les marches et ouvrit les doubles portes, menant à l’intérieur d’un grand bâtiment.
Soudainement, elle fut brusquement écartée, la faisant manquer presque de faire l’équilibre.
— Pousse-toi ! Tu gênes la sortie ! Grogna Higgins.
Immédiatement, Aurore fronça des sourcils, refusa de se laisser être écrasée par une personne aussi odieuse. Elle répliquait, sèchement.
— Bonjour à toi aussi, ravie de te savoir en pleine forme !
— Ah ! Ce n’est pas parce que tu es désormais une constructrice attitrée que tu peux te vanter ! Sache que je suis le numéro un à Portia !
Vantard, il bombait pitoyablement son torse, avec un sourire sournois. De son pouce, il vint lui indiquer un tableau de bord, au-dessus des premières marches, sur laquelle, était inscrit un classement.
— Je t’invite à voir ça ! Oh, et ne sois pas vexée, mais je suis imbattable ! Si tu veux bien, j’ai du travail à faire ! Chantonna t-il.
Tel une vipère, il crachait son venin partout, plus puissamment sur sa nouvelle concurrence. Avec un sourire vaurien, l’homme quitta les lieux, laissant derrière lui, les employés et la rouquine qui grinçait des dents, encaissait une partie de la vérité.
Elle serrait ses poings, contenait au mieux sa colère. Tout les spores de sa peau étaient en ébullition, son cerveau cogitait, envoyait des images violentes, la propulsant à imaginer les pires scénarios. Comme le fait qu’elle libérait son feu intérieur, où elle se jetterait sur Higgins, pour le frapper plusieurs fois.
Or, il fallait rester professionnelle. Avoir une conduite normale, respectueuse.
Aurore inspira et expira longuement, tenta de se calmer. Ses nerfs devaient en aucun cas être ressentit par les autres. Les joues rouges, elle constata que Antoine était tendu. Il avait même une petite goutte de sueur qui perlait sur son front. Dérangé, il se l’ôta du revers de sa main.
Très vite, ce jeune homme efféminé reprit contenance et adressa un sourire à la nouvelle.
— Ignore-le ! Il est toujours comme ça avec n’importe qui !
Depuis son bureau, plongé dans plusieurs paperasses où on ne voyait presque pas le bout, Presley soupirait, massait ses tempes avec ses doigts, secouait sa tête, les paupières closes.
— J’ai beaucoup de travail à faire, si vous pouviez faire moins de bruits…
— Bien sûr monsieur, excusez-nous ! S’empressa de s’exprimer Antoine, polie.
Il jaugea la constructrice, un peu durement, la voyant comme fautive. Pas stupide, Aurore comprit le message, grimaça, se hâta vers le tableau sur lequel, était déposé des requêtes. Sans prendre la peine de réfléchir, elle en décrocha une, tourna les talons et sortit de la guilde des commerces, le coeur lourd.
À quoi s’attendait-elle ? Que Presley prenne sa défense ? Sans doute. Le fait qu’il ait préféré rester à l’écart, sans ne rien dire, se contentant de pester sur la fin l’avait offensé.
Une lâcheté presque identique à son propre géniteur.
À cette pensée qui lui donnait un violent haut de coeur, Aurore secouait sa tête, descendit des marches, fixa la demande inscrite sur le papier. On réclamait 3 barres de bronze, pour Mars. Avec en date de limite ; quatre jours. Pour une récompense de 350 golds. C’était jouable.
Malgré elle, la jeune femme n’arrivait pas à supprimer ses émotions négatives qui prenaient le dessus. Ses doigts se crispèrent sur le papier, le froissant. Ses yeux commençaient à piquer et sa gorge avec.
— Aurore ?
Brigitte, avec un panier sous son bras, contenant du pain et de la brioche toute chaude, avait des yeux ronds. La femme avait remarqué la petite mine de la nouvelle arrivante. Concernée, elle penchait légèrement sa tête sur le coté, intriguée.
— Tout va bien, ma petite ?
Son attention impressionna la rousse. Celle-ci, entrouvrit légèrement ses lèvres, leva ses yeux roses vers elle. Un nœud se formait dans sa gorge et en dépit de ceci, la constructrice s’efforça de lui adresser un sourire jusqu’aux dents, paraissant le plus naturel aux yeux de cette femme qui a connu son père.
— Tout baigne ! J’allais me rendre aux ruines abandonnées ! Il me faut des matériaux !
— D’accord, fais bien attention à toi ! Si jamais tu glisses et te blesses…
— Je gère ! Ne t’inquiètes pas ! Rit doucement Aurore, qui lui fit un signe de main, avant de s’éloigner le plus vite possible de la place Peach.
Sa gorge brûlait de plus en plus.
Elle ne devait en aucun cas embêter qui que ce soit. Aurore était indépendante, devait apprendre à s’occuper de tout, toute seule. Tante Kendra lui avait bien apprit ces choses : « On n’est jamais mieux servi que par soi-même. », « Ne fais confiance que à toi, si tu ne veux pas être trahie. ».
Remontant la pente, passant à coté d’un café encore clos – visiblement, avec cette pancarte placée sur cette porte style bois contemporain, la constructrice prit le temps de retravailler sur sa respiration. C’était irrégulier et c’était nécessaire de se changer les idées. Et rien de mieux que se laisser être submergé par le travail.
Bien avant le cimetière de Portia, séparant cette zone avec une immense porte en grillage, dont l’accès était accessible, la rouquine considéra sur sa gauche, une sorte d’antre secret, avec une porte métallique et des câbles, menant vers sous-terre. Il y avait un mini tableau graphique, disposé sur un pilier de marbre. Celui-ci, contenait un numéro, un symbole avec un trou à l’écart – sans doute le moyen de paiement ? Et penché sur le coté, par une barre ; des équipements adaptés. Dont des lunettes de vision infrarouges et thermiques pouvant déceler des anciennes reliques, un patch qui permet de produire de la lumière, un sac disposant un système de filtre pouvant élever dans les airs le porteur.
— Partie pour explorer ? L’interpella doucement une voix masculine.
Avec un sourire amical, l’un des membres de la Brigade Civile débarquait, les mains dans les poches. Remington suivit très brièvement le regard de la rouquine, vint lui glisser des explications et conseils avisés.
— Sur cette machine, tu peux modifier les zones du sous-sol quand tu le souhaites, en échange d’argent. L’entrée est également payante avec un abonnement et le matériel qui t’est fourni doit impérativement être remit ici quand tu as fini.
— Je vois… Merci !
En absence d’un détail, Aurore leva son doigt, proche de son menton.
— Mais… Si on modifie la zone, et qu’il y a des personnes qui sont déjà dans la ruine ??
— Ne t’en fait pas, nous avons déjà fait des tests auparavant, tu as une notification sur la tablette qui te préviendra qu’il n’est pas possible de faire ça s’il y a déjà quelqu’un dans la ruine. Lui rassura le noir, ses mains sur ses hanches.
— Quel soulagement ! Souffla la constructrice, de suite rassurée.
Interloqué, Remington haussa un sourcil.
— Si je peux me permettre, pourquoi cette question ?
— Ah_heum, par...pure sécurité ? Bredouilla Aurore, prise au dépourvu, elle passa une main sur son crâne.
Peu convaincu, l’homme aux cheveux verts croisa ses bras contre son torse. Il sonda silencieusement la jeune femme et ferma les yeux. Il réfléchissait très rapidement, jugeant par lui-même si les intentions de cette arrivante étaient sincères ou non. Il survola ceci, haussa ses épaules, laissa couler.
— Personne à Portia n’oserait faire ça. Lui certifia Remington. Tous ici sont gentils et bienveillants. Et nous sommes ici pour maintenir l’ordre ! Si jamais tu as des suspicions, n’hésites pas à m’en faire part, comme pour Arlo et Sam.
— Oui, oui !
Bien qu’ils étaient des personnes importantes à Portia, ils restaient aussi humains. Et eux aussi, avaient besoins de repos. La jeune femme s’inclina poliment, le remercia une énième fois et attendit que Remington s’éloigne d’elle pour qu’elle puisse s’activer à son travail.
Son objectif principal ; récolter des minéraux.
Chaque coup à la pioche dans les ruines était épuisant. Il faisait bien trop chaud à l’intérieur. Seule, il n’y avait que son souffle saccadé, mêlé aux bruits d’acier rencontrant la roche qui faisait écho. Dégoulinante de sueurs, ses doigts encore plus gonflés que la veille, quelques pansements s’étant perdus en cours de chemin, le sac chargé de minéraux et de disques inconnus ou de vieilles reliques, la rousse commençait à ne plus voir bien. Ses muscles étaient encore plus endoloris que hier, et avec ses courbatures, rien ne s’arrangeait.
Déjà plus de deux heures qu’elle était dans ces ruines. À travailler. S’accordant une pause rapide, comme les précédentes, Aurore vint se poser sur une surface à peu près stable. Ouvrant son sac à dos usé, elle extirpa une bouteille isotherme, avala d’un coup sec, ses dernières sources d’eau potable. Il ne restait désormais plus rien et son estomac commençait à grogner. La constructrice essuya du revers de sa main, son front humide, avec quelques mèches collées aussi dans cette zone. Même sa nuque était mouillée et ses vêtements devenaient insupportables, tellement qu’ils avaient prit de sa transpiration.
— Je suppose que je devrais m’arrêter là pour aujourd’hui… Soupira Aurore.
De toute façon, son corps était à bout. Et une migraine avançait progressivement, à force de rester ici, à travailler aussi obstinément.
L’idée de devoir aussi refaire le même schéma en été la rendait déjà nerveuse. Il lui faudra précisément plus de trois bouteilles d’eau avec elle. Et éventuellement une tenue plus légère. Être sous-terre, à piocher des minéraux pouvait mener à une déshydratation voire une perte de conscience par fortes chaleurs. Au moins, la constructrice se préparait déjà mentalement aux risques. Mollement, après avoir rangé sa gourde, elle se redressa. Ses jambes flageolaient un peu. Heureusement, avec son équipement, elle pu remonter vers le haut, la ramenant vers les portes magnétiques, qui la ramèneront à la surface.
Ce qui était aussi avantageux, c’était qu’elle avait de la lumière, assez de petits repères pour ne pas s’inquiéter d’être coincé. De plus, la brigade civile était de portée. N’étant pas une grande claustrophobe, Aurore ne s’inquiétait pas plus de ces choses là.
Retrouvant l’air frais, la jeune femme soupira d’aise. Quelques unes de ses mèches furent porter par le vent passager.
— Bon déjà, je vais me prendre une bonne douche, et ensuite aller au centre de recherche !
Après avoir fait un tour rapide chez elle, de nouveau propre et changée, la jeune constructrice termina de placer ses derniers minéraux dans les fourneaux de pierre qu’elle avait construit. Pendant le temps de la combustion, la rousse profita pour s’asseoir sur l’herbe. Les jambes croisées, elle attrapa un sandwich qu’elle avait préparé la veille, enroulé dans du papier d’aluminium. Affamée, Aurore n’eut le temps de croquer qu’elle fut interpellée.
Pivotant sa tête en direction de l’individu qui l’avait appelé, de l’autre coté de sa petite barrière en bois enfoncé qui encadrait une partie de son terrain, la jeune femme maugréa une moue ennuyée.
Pouvait-elle pas profiter du calme, un peu ? Être dérangé pendant son repas, était une chose qu’elle n’appréciait pas. En gardant cette indignation de coté, la rouquine se leva du sol, rejoignit la femme, qui n’était autre que Brigitte. Celle-ci, portait une longue robe très colorée, avec un fil pendant autour de sa taille, sachant parfaitement mettre en avant ses formes. Ses cheveux ébènes étaient toujours attachés en chignon, avec une barrette en forme d’ourson.
— Je ne te dérange pas, j’espère, ma petite ?
— Non, non. Sourit doucement Aurore, en veillant à rester respectueuse. Je peux vous aider ?
— Oui ! Tout à fait ! C’est pour cette raison que je suis ici !
Toute à l’écoute, Aurore croisa ses bras, en faisant attention à ne pas faire tomber son sandwich. Brigitte se pencha légèrement vers l’avant, une main près de sa bouche. Elle surveilla que personne ne les surprennes, pour lui révéler un de ses plans :
— Vois-tu, j’aimerai faire une surprise à mon mari. Son anniversaire est la semaine prochaine…
— Oh, je vois…
— Est-ce que ce serait possible de lui fabriquer une épée ? Pas tranchante ! Une épée euh.. pas trop dangereuse, tu vois ?
— En bois ? Comprit la constructrice en haussant un sourcil.
— Oui !
Aurore feinta un sourire amusé. Sans se moquer ouvertement, tentant de garder une allure professionnelle, elle vint faire une remarque:
— Une épée en bois pour votre mari ? Il aime ce qui est de base de bois ?
— Euh. Pas vraiment.
Un rire complètement nerveux échappa à la femme, qui passa une main sur sa nuque. Gênée, elle admit :
— En réalité, je n’ai aucune idée de quoi lui offrir…
— Sans vouloir vous offenser, je ne suis pas la mieux placée pour vous aider sur ça… Sourit faiblement Aurore.
— Mais tu dois bien avoir une idée avec un garçon ! Tu as bien dû avoir une relation avant, non ?
Choquée, Aurore eut les yeux ronds. Ses joues s’empourprèrent et elle s’indigna vivement.
— Quoi ?! Absolument pas ! Jamais !
— Hein ? Tu n’as jamais été en couple ou eu de relation ? S’étonna Brigitte. Elle battit des cils, ahurie.
— Non !
De passage, sur son cheval blanc, le leader de la Brigade Civile quittait la ville de Portia, partie pour faire une ronde aux alentours. Surprenant les deux femmes en train de se dévisager et protester bruyamment, le capitaine décida d’intervenir, voulant s’assurer que tout allait bien. D’un geste peu brusque, en tirant sur la lanière de son destrier, il questionna.
— Que se passe t-il ?
— Arlo ! Tu ne trouves pas ça choquant que cette fille de 19 ans n’est_…
— 22ans. La corrigea aussitôt Aurore, le regard vidé d’émotion.
— Oui de… Hein ??? T’es plus vieille que ça ?!
Encaissant cette remarque, la constructrice soupira. Elle détourna son regard d’eux, croqua distraitement dans son sandwich qui n’attendait que à être terminé. Horripilée, Brigitte plaça ses mains sur ses joues.
— Toute ta vie tu as été célibataire !?
Embarrassée qu’on révèle un fait devant quelqu’un d’aussi important, Aurore tourna aussitôt les talons. Elle s’éloigna le plus vite possible vers son établi de travail. Sur lequel, il y avait pleins de matériaux et d’outils. Juste à coté, sur une plateforme de bois, il y avait un diagramme disposé sur un socle, et à part, une nouvelle machine pas encore terminée. On aurait dit que ceci servirait à découper dans un futur proche.
Scandalisée, Brigitte continuait de appeler la constructrice, en vain. Elle soupira, ferma ses yeux.
— Têtue comme son père…
Dans un silence presque gênant, Arlo se racla la gorge, voulut se congédier. Au final, il n’y avait rien de grave dans cette discussion. Bien qu’il s’interrogeait sur les intentions de la propriétaire du magasin alimentaire de Portia. En effet, le leader de la Brigade Civile ne l’avait jamais vu aussi obstinée, insistante et bruyante. Encore moins avec des nouveaux arrivants.
Et ce fait, titillait pas mal sa curiosité.
— Bien, je vais vous laisser à vos occupations…
Alors qu’il se préparait à faire signe à son cheval du nom de Spacer, il fut subitement retenu par Brigitte, qui lui lançait un regard.
— Et toi aussi, depuis que tu es petit, tu n’as jamais eu quelqu’un dans ta vie, je me trompe ?
Arlo se raidit. Cette femme s’aventurait sur un terrain interdit. Il avait le droit d’avoir une vie intime, d’avoir ses propres avis. Professionnel, le jeune homme l’arrêta, net, tout en restant courtois.
— Excuse-moi, je n’ai pas le temps pour ces choses-là.
— Tu n’as même pas encore 25ans, que tu restes plongé dans le travail ! Encore et encore ! Gronda Brigitte, ses mains sur ses hanches. Tu devrais freiner un peu au lieu de poursuivre un rêve d’enfant_..
Coupé dans son élan, la constructrice l’appela très fort, ses mains près de ses joues :
— Brigitte ! Tu as une grosse araignée ! Dans tes cheveux ! Non ! Aussi une sur ta robe !
— HEIN ???!! AHHHHH !!!
Dans une panique hystérique, la femme se mit à hurler, terrorisée, elle prit ses jambes à son cou, fuyait en direction de la ville. Profitant que la vendeuse fut définitivement hors de portée, Aurore approcha des barrières, avec un gloussement enfantin. Fière, elle mit ses poings sur ses hanches, adressa un clin d’oeil de sympathie vers le leader de la brigade civile.
— Ou pas. J’ai menti. Héhé.
— Pourquoi avoir fait ça ? Elle risque de t’en vouloir pour ce coup. Lui précisa Arlo qui la toisa.
— Je m’en fiche. Des femmes comme elle, j’en ai connu, dans le travail de ma tante, à Barnaroc. Et je l’ai fait car je n’ai pas apprécié la façon dont elle t’a critiqué !
Un index levé dans la direction du jeune homme, Aurore souriait jusqu’aux dents, ferma ses paupières, lui révéla, toute rayonnante :
— Personne ne doit juger nos rêves ! Ils sont justes jaloux car on veut briller ! Je ne sais pas quels sont tes projets, mais sache que je t’encouragerai !
Arlo écarquilla ses yeux bleus turquoises. Les paroles de la nouvelle constructrice de Portia réussissaient à faire battre son coeur, brisant une de ses barrières invisibles. Ses doigts se crispèrent sur la lanière de son destrier et malgré lui, le roux esquissa un sourire au coin de ses lèvres.
Cette personne était vraiment unique.
Les paupières fermées, il secoua délicatement sa tête, laissa apparaître un sourire presque amusé par les explications de la jeune femme, pleines de surprises, il fallait bien l’avouer. Le vent soufflait doucement, emportant leurs cheveux. Le parfum de la nature s’imprégnait dans l’air ; mais également, une odeur de shampoing encore frais : du pamplemousse.
— Tu es vraiment spéciale… Murmura t-il.
— Hm ?
Évidemment, ces propos n’étaient pas directement formulé plus forts. En reprenant son sérieux, Arlo considéra Aurore.
— Sinon ça avance, tes projets ?
— Mhm ! Mes fourneaux j’en ai construit trois. Ensuite un broyeur, et là j’ai commencé un…
— Machine qui découpe. Se douta Arlo.
— Yep’ ! Avec ça, je suis presque prête à attaquer le pont ! J’ai récolté ce qu’il faut ! J’ai même obtenu des pierres de pouvoir pour alimenter mes nouvelles machines et…
Se coupant dans son discours, la rousse grimaça, lança un regard craignant qu’elle n’ennuie le leader de la brigade civile dans ses explications qu’elle faisait part avec plein d’enthousiasme. Dès qu’elle croisa ses orbes bleus, elle crut y déceler une petite étincelle d’amusement.
Bien que son sourire n’était pas présent, il y avait comme un petit air, bien camouflé chez lui. Sans doute que cet homme tenait à rester un minimum droit, neutre.
— Oui ? Dit-il.
— Euh… bah… héhé, voilà quoi…
La constructrice remuait doucement ses mains devant elle, avec un rire nerveux. Instantanément, le regard de Arlo devint plus dur, ses sourcils se froncèrent et il la sonda intensément, à un point où la jeune femme tressaillit. Ses poils se hérissaient et elle reculait légèrement, mal à l’aise. Ce qui était certain, c’était qu’il ne fallait en aucun cas agacer ce roux.
Il dégageait une aura presque écrasante.
D’un ton bien grave, il s’enquiert :
— Est-ce que tu as été consulter le Dr.Xu ?
— P-Pourquoi cette question ? Questionna t-elle en retour, d’une petite voix.
— Est-ce que au moins tu as vu l’état de tes mains ?
Aurore baissa ses yeux roses et fixa ses mains. Oui, ils étaient dans un sale état. D’autant plus qu’elle n’avait pas utilisé des gants dans la ruine abandonnée, quand elle avait miné, la veille en découpant des arbres, en plus de bricoler par ci et par là… Entre quelques ampoules éclatées, des micros coupures par ci et par là, ses mains étaient abîmées. Sans parler de pansements salies !
Elle déglutit, rebondissait avec un rire se voulant être rassurant.
— Oh, ça ? C’est trois fois rien !
— Aurore. Grogna Arlo.
— Vraiment ! J’insiste ! Je sais me débrouiller ! C’est pour ça que j’ai arrêté dans les ruines ! Là je ne me forcerais plus à du travail trop physique ! Promis !
Méfiant, Arlo la dévisageait un bon moment avant de soupirer, se résignant à la croire, bien qu’une partie de lui doutait.
Petite, plutôt mignonne et travailleuse acharnée qui ne faisait pas attention à elle. Qui avait l’air d’avoir bon coeur, en plus d’être têtue avec.
— Sérieusement, fais attention à toi.
— Oui, à vos ordres capitaine ! Rit-elle avec plus de légèreté.
Le jeune homme soupira, la salua brièvement avant de reprendre sa patrouille. Son cheval commençant à trottiner à son rythme, très rapidement, le roux jeta un dernier coup d’oeil vers la constructrice. Depuis son petit jardin, elle abordait une moue ennuyée en fixant ses paumes. Elle levait ses yeux en l’air, sans doute elle grommelait, puis retournait à ses occupations.
Savait-elle s’arrêter ? Avait-elle eu le temps de manger quelque chose, au moins, en dehors d’un petit sandwich quand Brigitte l’avait interpellé ? Avec ces questions à l’esprit, Arlo se focalisa de nouveau sur son devoir principal.