Date de création : 04.08.2012
Dernière mise à jour :
22.11.2025
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lol
Par Anonyme, le 26.02.2026
je suis sous le choque !!!
Par Anonyme, le 24.02.2026
très bien
Par Anonyme, le 07.02.2026
hello, c'est l'anime "nagi no asukara" ; de la romance - tranche de vie - un peu de thème sur les "sirènes" :)
Par Blue - Lily S, le 06.02.2026
c’est un anime ? si oui le nom svpppp
Par Anonyme, le 06.02.2026
Titre: Ce qui fait de toi une héroïne.
Auteur: Lily Sawaka
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PARTIE 2/7
Mon chauffeur taxi conduit doucement, il me jette un regard amusé.
— C'est Sun Eater et le petit nouveau, Red Riot. Me présenta t-il.
Traduction exacte ; mangeur soleil. What ? Il haït le beau temps ? Si ça se trouve il aime l'obscurité ? Genre il est du coté de l'obscur comme dans Stars Wars ? Je pose un doigt plié sur mon menton, questionnant le héro à coté de moi. D'ailleurs, je suis surprise qu'avec sa corpulence – plus moi – on n'est pas étouffé dans la voiture. Vive les nouvelles gammes...
— C'est un dark ? Il n'aime pas les personnes, le beau temps, du genre à rester cloîtrer dans sa maison et aime la solitude ?
Fat Gum éclate de rire. Je sourcille.
— Tamaki est plus pessimiste ! Un gros timide, manque cruellement confiance en lui !
Il marque une pause avant de cesser de rire.
— En dehors de ça, il est très puissant. Je dirais même qu'il surpasse certains héros professionnels. M'avoua t-il en souriant.
— A ce point ? M'étonnais-je.
— Oui. Son alter est très efficace, il réagit vite et dès que c'est nécessaire, il fonce. Il est très courageux.
Ce surplus de compliments m'émerveille. Ce Tamaki, devait être exceptionnel pour qu'il me sorte tout cela. Je l'envie. Un bel avenir se présente à lui, quant à moi... argh, je ne veux pas y songer. Je repose la photo à la place que je l'avais retiré plus tôt.
— Ils doivent être heureux de t'avoir comme maître de stage.
— Et je suis fier d'être leur mentor ! S'exclame Taishiro. Ils ont du potentiel ces petits gars !
— Tu parlais du petit nouveau aussi...
— Red Riot ? J'étais déjà très surprit que Tamaki me le présente !
Curieuse, j'écoute Fat Gum donner un peu plus de détails.
— Ce petit a littéralement insisté dur comme fer pour que Tamaki cède à sa caprice. J'ai rarement vu quelqu'un d'aussi énergique que lui ! C'est très agréable ! Bon, cela fait à peine une semaine qu'il a commencé, le temps de le former prend un peu de temps, mais Tamaki m'aide beaucoup dans cette tâche.
— C'est super qu'il y ait une bonne entente au sein de ton agence.
Il hoche de la tête, puis, se concentra sur moi, sa petite nièce favorite, sûrement.
— Et toi ? Quoi de beau ?
Cette question, je la déteste. Celle qui consiste à répondre notre futur proche. J'ai déjà des pistes et pourtant, je n'ai aucune fichue idée de ce que je veux faire ou devenir plus tard. Évidemment, je compte dans un premier temps quitter mon docile familial pour un petit studio, où je pourrais me poser tranquillement, loin de mes parents – et évitant ainsi de venir aux repas familiaux, je serais épargné de pas mal de choses, sauf financièrement –. Trouver un job étudiant, et... non, je ne sais même pas qu'elle université où je me dirigerais.
J'appréhende déjà l'inconnu. Certains ont déjà en tête ce qu'ils veuillent devenir. Pas moi. J'ai l'impression de ne pas être normale. Un boulet. Ma meilleure amie m'a conseillé de suivre ma passion. Ce n'est pas simple. Soit je dois passer des auditions si je veux devenir comédienne et rencontrer mes idoles. Le milieu est plus complexe que tout. Alors c'est foutu. J'aime bien cuisiner mais si c'était pour me mettre sous pression, j'aimerais éviter.
— Recherche d'un petit job, en plus de passer bientôt mon examen de code. Lui informais-je, sur un ton détaché. Je suis un peu stressé, mais j'essaie de me détendre. Et je ne sais pas quoi faire.
Une phrase sort de ma tête. Une remarque préférée des professeurs, qui avait pour effet, de me rendre malade « Pensez à votre avenir, c'est important ! ». A croire qu'on serait en échec si on ne trouvait pas notre réponse et notre direction à prendre. Tout n'était pas à la portée des mains.
Fat Gum me considère, intensément, comme s'il lisait en moi.
— Tu sais, quand ça ne va pas, rien ne vaut qu'un bon repas pour redonner de la bonne humeur !
Cette priorité, je suis en parfait accord.
Après le malaise qu'il y a eu à table, je n'avais pas pu grignoter quoi que ce soit. J'ai faim et mon estomac le confirme avec un gargouillement. Maintenant que j'ai le sourire, j'acquiesce doucement et je regarde le paysage défiler derrière la vitre, qui exposait également mon reflet. Je ne le remarque que maintenant, mais ça sentait la lavande dans la voiture de Tai. C'est agréable, ça me détend. Dehors, je repère des piétons marcher sur le trottoir, parmi eux, une personne promenait son chien en laisse. La lignée des arbres faisaient un abri pour eux, les feuilles les protégeaient du soleil qui animait les cieux, dégagés, d'un bleu clair si vaste qu'on pourrait s'y perdre. Après avoir dépassé les feux, j'aperçois un champ de travail. Des professionnels avaient instauré un cadre, avec des barrières tout autour de leur zone de travail, pour s'occuper des égouts. Vêtu de leur veste sans manche, de haute visibilité, muni de leur casque de protection, les employés de chantiers utilisaient de drôles outils en main. Un homme se redresse et essuie la sueur sur son front. Probablement que à force de travailler dans ces conditions, il meurt de chaud.
Et encore, en ce mois de septembre, il faisait encore doux comme climat.
Soudain, une sonnerie s'échappe de la radio. Mon attention se tournait vers l'écran de bord et je plisse des yeux en voyant un nom apparaître, plus des numéros, projeté par le bluetooth. Fat Gum appuie sur un bouton et répond, tout en conduisant.
— Tamaki ? C'est quoi l'urgence ?
On est samedi. Je sais qu'il revenait de sa patrouille, mais je n'aurais jamais cru que ses stagiaires soient encore actifs.
— Un vilain a volé vos données personnelles par un hacking ! J'ai pu le géolocaliser mais Red Riot est partit à sa recherche ! Et il s'avère que le coupable est pas loin de l'endroit où vous avez prit rendez-vous ! Je suis en train de suivre Red Riot !
— Quelles données spécifiquement ? Demanda Fat Gum, sur un ton plus grave.
— Sur notre dernière enquête, sur celui qui s'occupait du transport sur la nouvelle drogue !
En dehors du fait que c'était problématique, j'ai ma conscience, ce coté folle, elle se met à jubiler, à croire que je vais vivre une aventure incroyable et sensationnelle. Mon coté plus lucide, me remet à jour, me rappelant que je serais laissé quelque part, seule, en attend le retour de Taishiro.
— S'il a volé... Et qu'il s'y rend..
Le mains de Tai se resserrent sur le volant. Il grince des dents, marque une pause. Ses yeux jonglent sur la route et moi. Il était dans une intense réflexion. Pas stupide, je capte qu'il fait un choix important. Surtout qu'il s'agit ici, du professionnel et de vie privé. Je suis une civile lambda, une innocente. M'impliquer dans le danger en lui-même, était risqué et pas professionnel. Mettre en péril une vie n'était pas digne d'un héro et ceci pouvait avoir des répercussions. Sauf que à défaut, je ne suis (plus/ quasiment plus) une mineure. Je n'étais pas une grosse fragile, encore moins un nourrisson.
Je lance un sourire rassurant à Fat Gum et je hoche de la tête. Pour limiter ses craintes, pour ne pas être un fardeau, j'acceptais qu'il m'abandonne dans le coin pour qu'il s'occupe de ses priorités. Il lâche un soupir de soulagement et répond au plus vite à son jeune apprenti.
— Je dépose (ton prénom) et j'arrive au plus vite, Sun Eater.
Mon coeur se serre douloureusement à la poitrine. Visiblement, ma journée ne pouvait pas être si terrible. Comme dit une vieille expression, mieux vaut être seul que mal accompagné. Mon chauffeur s'écarte, se rapproche aléatoirement près d'un trottoir pour que je puisse descendre. Entre temps, la voix du stagiaire ajouta :
— Il se trouve à Amerikamura à l'heure actuelle !
Je cligne des yeux. Attend mais... c'est dans le quartier où on se trouve ! Mes yeux s'arrondissaient et pile au moment que j'ai retiré ma ceinture de sécurité, on voit détaler, à grande vitesse, un grand camion benne mercedes. De drôles de types avec cagoules étaient à l'air libre, ce qui alerte immédiatement Fat Gum.
— Merde ! (ton prénom), accroche-toi ! Me hurle t-il, tandis qu'il baisse aussitôt le frein à main.
La voiture vrombisse violemment, dès qu'il appuyait sur le champignon. Je manque de lâcher un cri de stupéfaction et je m'accroche à la barre de ma portière, mon coeur, manqua un battement.
— HEIIIIIINNNN ????!!!!
— Il n faut surtout pas qu'ils s'échappent ! Gueule Fat Gum.
— Attend, je suis pas prête moi ! La porte est à moitié ouverteeeee !!
Je la referme du mieux que je pouvais et au plus vite, je remet ma ceinture de sécurité. Je reprends mon souffle. La vitesse en voiture bat le record, que tout mon corps, est entraîné en arrière, je suis littéralement attirée contre le dossier du siège passager. Je suis en train de vivre quelque chose de palpitant, quelque chose qui ne m'est jamais arrivé auparavant.
Et j'y prend goût. La preuve étant, l'adrénaline qui pulse mon sang me retourne la tête et j'ai un immense sourire plaqué sur mes lèvres. Je n'échappe aucun son, rien ne quitte la barrière de mes lèvres. C'était si intense que tout ce que je mourais envie de faire, c'était de pousser un cri en levant mes bras vers le haut. Ma lucidité me contraint de rester sage et d'éviter de exposer mon coté taré.
Fat Gum trace sa route, rapidement, grille le feu qui virait au rouge. Plusieurs voitures nous klaxonnes après, mais cela s'éloigne au fur et à mesure qu'on s'éloigne. Le héro pousse un grognement et tente de rapprocher sa voiture du camion, dès qu'il bascule le volant sur le coté. On les frôles tout juste. Ma vitre se baisse et je me crispe.
Quoi ? Non ? Il compte communiquer avec eux, sachant que je suis juste, à coté d'eux ???? Tendue et crispée, j'essaie de rester un minimum discrète. J'en viens même à retenir mon souffle !
— Arrêtez-vous ! Leur ordonne Fat Gum, d'une voix suffisamment forte et autoritaire.
— C'est le putain de héro Fat là ! Peste l'un des vilains à ses collègues. Accélère mec !
— T'inquiète, ce gros tas de merde, j'en fait mon affaire ! Il a capturé Roku !
...à l'aide ?
— Si vous ne vous arrêtez pas, je vais devoir employer la force ! Leur menaça Fat Gum.
Non, euh, ohé ? T'oublie que je suis là ? Je le regarde avec un immense sourire, mal à l'aise. Je sue, tellement que je sens que tout va mal se dérouler.
— Allez vous faire foutre, héros !
Le fou, lui adresse un doigt d'honneur et subitement, le camion roule plus vite. Fat Gum grogne. Il imite.
— (ton prénom), penche-toi, couvre-toi ! Me somme t-il.
J'exécute sans broncher et je place mes mains sur ma tête, je ferme automatiquement mes yeux. Ce qui se suivait ne me me mettait pas tellement en confiance. On heurte quelque chose, probablement le camion des vilains. Je me mords les lèvres. Ça lâche des injures puis, surgit des bruits de feu. Attendez, ne me dîtes pas qu'ils sont flingués ?! Oh putain !
Ça grince, ça gueule, ça tire et je me sens protégé par quelque chose de moelleux ? Un peu bizarre. Trop curieuse, je m'efforce à ouvrir un œil et j'aperçois la veste jaune de Tai au-dessus de moi. Naturellement, je m'inquiète. Face à des armes à feu, je doute qu'il ne se retrouve sans blessures. Inquiète, je l'appelle. Je crois qu'on se moque ouvertement de moi, par un des vilains et Fat Gum grogne, plus énervé. Il semble perdre sang froid. Parce que je suis précieuse pour lui et inévitablement, ils avaient trouvé sa faiblesse. Un crissement vient persifler mes oreilles et je devine que ces sales types avaient visés les pneus. On perd de la vitesse.
Évidemment, pour arriver à leur fin, un des vilains fait usage de son alter. On bascule. Le toit de la voiture se retrouve retourné, rencontra violemment le goudron et il s'écrase. Tout s'enchaîne. Un fracas, des éclats, des klaxons, des rires, un pouf qui déclenchait les airbags, un bip sonore et strident, je me sens sonnée et à la fois étouffée. Ma vision se met à brouiller et mes oreilles bourdonnent.
Me faisant violence pour rester consciente, je constate que j'ai la tête en bas, mes jambes pliées, vers le haut. Je suis dans une mauvaise position en plus de l'airbag qui me maintient en arrière. Je plisse mes yeux et tente de bouger. Je peste et remarque que Fat Gum effectue la même chose. Son pied, cherche à défoncer, de force, la porte de son coté. Il faut que je l'imite. J'inspire une grande bouffée d'air, je place ma main pour désactiver la ceinture de sécurité et je pousse comme je pouvais ce gros coussin gonflable pour récupérer un minimum d'espace vital. Je cogne mon pied contre la porte. Putain, ça ne s'ouvre pas ! Et ça me fait mal au pied là ! J'insiste, encore, encore et encore.
Elle cède enfin, bordel !
Je finissais par m'extirper, je tousse, avec cette épaisse fumée grisâtre qui s'échappe du capot. Un œil clos, je me met à ramper, pour sortir totalement. Soudain, on vint me saisir par (l'épaule/cheveux), ce qui me faisait glapir et immédiatement, je relève ma tête et mes pupilles rétrécissaient, horrifiée par celui qui me prend en otage, le regard fou. Il a un sourire mauvais, malsain. Au début, il paraît étonné puis, s'emporte dans un rire aiguë.
— Eh, grosse bouffonne, t'es pas une héroïne ! T'es qu'une gamine !
Paralysé, je n'arrive pas à formuler ne serait-ce, une syllabe. Fat Gum peine à sortir de la voiture, comparé à moi.
— Relâchez-la ! Vociféra t-il, depuis la voiture écrasée.
— Jackpot les gars ! Ça doit être sa gosse ! On a un moyen de pression sur lui ! S'enthousiasma vivement le vilain qui me retient.
En gros, m'utiliser en otage. Je grimace à cette idée. Ce taré continue à rire, victorieux d'avoir remporté un trophée intéressant. Je fronce des sourcils, je refusais clairement d'être un poids pour Tai. Je n'avais nullement envie de me soumettre à la peur. Je veux me sentir fière, j'aimerais sincèrement qu'on cesse de ridiculiser les personnes avec des formes. Ils sont en train de me sortir que ça va être facile de me « dresser ». Sérieusement ? C'est quoi ces mentalités ?!
Moi, je ne suis pas une fille si facile. Et encore moins avec des inconnus qui se comportent comme des putains d'enfoirés.
— Uuh ? C'est quoi ce regard ?!
Ma main prédominante se pose sur le torse de la personne, plus précisément sur un de ses organes qui se situe dans la cage thoracique, derrière le sternum. Je me concentre et je plisse mes paupières, j'envoie ce qu'il faut pour foutre la pagaille. De suite, comme dégoûté par mon coté tactile, le vilain me pousse comme une moins que rien en arrière. Il me postillonne dessus tout en me criant dessus, me traitant de sale demeurée.
J'esquisse victorieuse à mon tour. Un courant d'air passe, faisant écarter légèrement mes habits (et cheveux) au passage. Mes iris (couleur des yeux) dégagent une telle animosité qu'il se crispa. Tout son corps se figeait et il fut parcouru d'un spasme.
Usant de mon alter, j'espère pouvoir gagner un peu de temps. Le nom de mon pouvoir est « emotional ». Il permet de faire réveiller les émotions humaines. Pour que ceci se fasse, il faut toucher le coeur de quelqu'un, pour ouvrir les portes des émotions de ma cible. Jusqu'à présent, tout être humain en ont, il me semble. Bien sûr, les vilains les plus redoutables, je doute que ça puisse fonctionner... Toutefois, chacun a ses réactions. Chez certains, ça fait pleurer, ça rend furieux, ça éveille des angoisses, ça donne le sommeil, les nausées... Bref, la personne est incapable de réagir correctement. Cela ne dure que seulement que deux ou trois minutes, cela dépend en fonction de la résistance de l'individu.
Le désavantage, bien sûr, c'est que je dois bien toucher le coeur. Si je rate de quelques centimètres, c'est inutile, cela n'a aucun effet. D'ailleurs, ceci ne fonctionne que seulement sur un maximum de trois personnes. Je ne peux pas faire plus sinon je tousse beaucoup, mes poumons sont en feu, j'ai de la fièvre et je perd immédiatement connaissance. Je le sais, car je l'ai déjà essayé, par curiosité. J'ai regretté après. C'était un peu comme si j'avais chopé une mauvaise grippe. Pour m'en remettre, c'est la galère – déjà prendre des médicaments je ne supporte pas, mais devoir prendre du sirop contre la toux ce n'est pas encore mieux. Raison pour laquelle, je ne trouve pas ceci efficace.
En vrai, ceci avait du potentiel ! Malheureusement, si c'était pour me retrouver malade constamment, que mon corps ne le supporte pas, je ne vois pas en quoi je devrais continuer sur cette lancée. C'est grisant, cependant, je préférais jouer sur ma santé plutôt que de la pourrir. Après avoir consulté un médecin, avoir échangé avec lui, même lui, me conseille de ne pas abuser, que c'était risqué. Que ceci pourrait me conduire à avoir de l'asthme, que je devrais prendre de la ventoline et d'autres médicaments qui me seront prescris. Chose que je ne veux pas.
Déjà que c'était difficile le sport pour moi, être en plus confronté à des problèmes respiratoires ? Non merci. Je passe.
Surprise, je constate que le vilain tremble, il perd des larmes. Ses mains se dirigent vers sa cagoule et des points d'interrogations flottent, invisibles, au-dessus de sa tête. Ses alliés sont alertés dès qu'ils l'entendent hoqueter et éclater en sanglots.
Vite, je dois me dégager d'ici et aider Fat Gum !
— (ton prénom) !?
— Je ne te laisse pas ici !
Après avoir contourné la voiture, je force sur la portière, je parvins à ouvrir. Fat Gum ressort difficilement et se redresse aussitôt. Il vint aussitôt taper son poing sur la paume de sa main, déterminé à contre-attaquer comme il se doit. Tantôt, le héro fonce vers la troupe de vilains. Lorsque l'un d'eux, ne pointe une arme vers moi. Ahurie, je tente désespérément de plonger sur le coté, espérant pouvoir échapper à cette balle. Taishiro crie mon nom, choqué, n'ayant su prédire ce coup bas. Il tendait son bras droit, en quête d'amortir la balle, en vain.
Puis, surgit de nul part, une silhouette. Mes yeux s'écarquillaient, dès que j'apercevais une cape blanche flotter sur le coté.
Un coquillage, semblable à une palourde géante, vient s'interposer. Celle-ci, réceptionnait la balle volante qui m'était destinée. Émerveillé, j'admire mon sauveur. Sa capuche se détache de la base de son crâne, s'échouant vers l'arrière, réveillant une chevelure bleu nuit. De courts mèches flottent sur le coté.
Le costume était une sorte d'une combinaison noire décorée avec des placages dorés autour de ses bras et de ses épaules. Cette personne porte une tunique blanche avec une cape et une capuche de la même couleur. La capuche comporte elle aussi des placages dorées à son sommet. La cape est connectée à un col qui ressemble à une écharpe qui comporte un masque argenté sur le devant. L'individu porte également un masque transparent sur ses yeux avec le contour doré et une veste violette avec une multitude de sacoche dessus.
Là, après avoir fait le lien entre la tenue et la photo, j'identifie très vite de qui il s'agissait.
Sun Eater, le disciple de Fat Gum venait de faire son entrée. Et je devais l'avouer, il était incroyable. Quelle classe... !
plus loin, j'entends un cri de guerre. Un rouquin se ruait sur les vilains, ses avant-bras se durcissaient, avant même qu'il ne saute, littéralement, sur le premier venu, l'abattant d'un coup sec et bien précis.
— Red Riot, le chauffeur ! L'interpella Sun Eater, en écartant son bras en direction du camion, qui démarrait, prêt à fuir.
— J'm'en charge ! Répondit son coéquipier, réactif.
Il se tape un sprint, puis cria à plein poumon.
— Arrêtez-vous ! Vous êtes en état d'arrestation !!
Red Riot accélère la cadence et parvint à sauter par dessus le camion benne mercedes. Ils s'éloignaient, je les perdais de vue. Mon coeur battait à la chamade, tandis que j'observais au mieux, ce qui se déroulait sous mes yeux. Je me trouvais aux premières loges, d'une scène d'action, qui ne se répétera sûrement pas une prochaine fois.
Pendant ce laps de temps, le garçon aux longues oreilles plates faisait usage de son autre bras, qui se métamorphosait en quelque chose de plus fluide, plus nombreux ; des tentacules. Abasourdit, j'assistais à l'arrestation d'un énième vilain, qu'il soulevait avec son alter, l'élevant dans les airs. Captif, sa victime cogite, grogne et commence à manquer d'oxygène au fur et à mesure que les tentacules resserrent la prise. Pour le garder conscient, l'aspirant héro s'arrête, sachant où sont posés les limites.
Époustouflé par sa démonstration et son acte de bravoure, mes pupilles doivent probablement briller, éblouis par lui. Mon coeur se mit à tambouriner de plus belle dans ma poitrine. Non pas que je venais d'attraper le coup de foudre, non, ça je ne l'ai qu'avec des acteurs, des personnages fictifs et...
Mon sauveur pivote légèrement, décale son pied nu sur le goudron et tend sa main vers moi. Ses mèches bleus nuits flottent légèrement et son regard se pose sur moi. Pour quelqu'un qui était sensé être introverti, de timide, il me demande, naturellement :
— Vous allez bien ?
J'entrouvris mes lèvres. Pas un seul mot ne sort, je suis tout simplement stupéfaite. Il m'impressionne. Je suis complètement captivée par lui. Il m'éblouit. Il me sonde du regard, attendant à ce que je lui réponde de vive voix, ou bien par un petit geste. Mes oreilles n'entendaient que le son de mon coeur, qui je devais bien l'avouer, menaçait d'exploser à n'importe quel instant.
Pas question de me laisser être berné par des apparences. Avec mon sens de l'observation, sur les relations de mon entourage, les plus beaux sont en couple. Ou alors ce sont des joueurs. Un aspirant héro aussi incroyable tel que lui, à coup sûr, il devait avoir quelqu'un dans sa vie. Je ne dois pas me faire d'allusion. Je dois rester lucide. Réaliste.
Concerné, le dénommé Amajiki Tamaki répète.
— V-Vous... allez bien ?
...Par la sainteté des Dieux de l'Olympe !
Il me plaît ! Il est mignon ! Putain de merde, on joue avec moi aujourd'hui là !!!!
Non. Je dois résister. On inspire et on expire. Je suis lucide. Réaliste. Aucune chance avec ce gars-là. Il a un bel avenir. Il est beau. Moi je suis un écureuil bien rond, qui se nourrit convenablement, qui passe ses journées à procrastiner, à grignoter, ou papoter avec mes amis, traîner sur mon portable pour des trucs rigolos, des vidéos ou des séries, lire des trucs mais..
Je suis réaliste. Ok ? Je suis réaliste, réaliste, réaliste, réaliste... je ne simp pas pour qui_
— Euh.. m-mademoiselle ? S'inquiète mon héro, il se penche légèrement.
Ahahahaha !.... Je simp pour lui. Nouveau crush débloqué dans ma vie de non-otome.
— Ouais, vous me plaisez.
— Hein ?
— Hein ?
Ensemble, à l'unisson, on se fige et on tire une tronche comique. Pourquoi faut-il que mon défaut ressorte comme ça ?! Déjà plus tôt j'ai fait la bourde d'écrire cash à l'autre ce qui a provoqué la merde, et là je sors cash qu'il me plaît ? Mais j'ai une case en moins ! Il va me prendre pour une demeurée ! Avec une facilité déconcertante pour trouver une excuse, je rajoute, sur le point de l'humour, avec un rire nerveux qui me quitte le fond de ma gorge :
— Aahahaha ! C'est ce que doivent vous sortir les filles dès que vous entrez en action !
— Je... non...
— Ah !
Un blanc s'installe. J'ai enfoncé le clou toute seule et je me sens embarrassé. Je me mords les lèvres tandis que lui, semble aussi gêné. Il retire sa main qu'il me tendait, se ravisait à se montrer tactile avec moi et pour ce coup-là, je m'auto-insultait. Si je n'avais pas fait cette gaffe, je lui aurais touché sa main. Non pas que je n'ai jamais touché un garçon de ma vie, mais lui, c'est une autre histoire...
Brisant ce silence pesant, j'aperçois et j'entends le coéquipier de Sun Eater se rapprocher, agitant sa main en haut, avec un sourire victorieux. De son autre main, littéralement, il traînait au sol le vilain, KO.
— C'est bon senpai ! J'ai arrêté ce type...
— Bien joué. Lui félicitait son supérieur, visiblement.
Le sourire qu'ils s'envoient mutuellement... était rayonnant. Ils sont incroyables.
— Oh ! Alors c'est toi la protégée de Fat Gum ?!
Je sursaute à cette mention. Red Riot m'adresse un sourire jusqu'aux dents. Comparé à son partenaire, lui, était plus à l'aise à communiquer. Il était une vraie boule d'énergie et charismatique, en plus !
— Enchanté ! Je suis Kirishima Eijiro ! Se présente t-il en s'inclinant respectueusement devant moi. Et lui, c'est mon senpai, Amajiki Tamaki !
Je le considère et étonnamment, l'aspirant héro remet sa capuche. Timide, il fuit son regard du mien, il pince ses lèvres, tentait de abaisser au mieux le bord de sa capuche, comme s'il cherchait à disparaître de mon champ de vision. Tiens, il a perdu toute son assurance d'un coup...
— E...Enchanté, osa t-il finalement à sortir de sa bouche, tout en bégayant.
— Je suis (ton nom) (ton prénom) ! Ravie de faire votre connaissance à vous deux !
— Super. Maintenant que vous avez fait connaissance.....
A nous trois, on sursaute et on fait volte-face face à un géant rond qui surgit derrière nous, avec une voix grave. Pour une raison quelconque, j'ai l'impression de me faire fusiller du regard... j'ai un frisson qui me déchire l'échine et je me crispe dès que les grandes mains de Tai qui me prennent par les épaules. Il rapproche son visage du mien, tout sombre.
Là, je capte et j'appréhende déjà son sermon. Je grimace et je grommelle silencieusement, je détourne mon regard.
— Tu as conscience que tu as utilisé ton alter là ?! Tu as une chance inestimable que aucun de ces types ne t'ait agressé ! Blessé ! Tu imagines un peu si ça s'était produit ?!
— Ca va, je n'ai rien. Je me défends en bougonnant.
— Ne sort pas ça à la légère ! Tout n'est pas si facile ! Le monde n'est pas rose !
Traité comme une enfant, je me faisais bien incendié par mon tonton. Tout partait d'une bonne intention, mais je l'entendais d'une autre façon : « Laisse, tu es fragile », « Tu n'es pas une héroïne », « Tu es à protégée ». Ça me fend le coeur. Oui, il ne me l'a pas formulé de cette manière. Oui je suis consciente que je suis dans l'exagération. Cependant, je l'interprète comme ça. Je ne suis pas en polystyrène, merde ! J'ai des notions de self-défense, surtout en cas d'agression ! Les coups de boules, les sprays au poivre, viser les castagnettes, morde, ... J'y connais un peu, mince quoi !
Pour moi, je suis fière de m'être défendu. J'ai géré. Je peux m'estimer fière d'avoir su prendre au dépourvu ce voyou. N'importe qui aurait été pétrifié à cet instant. À pleurer et à murmurer, en détresse un « à l'aide » d'une voix ébranlée. Ce qui n'était pas mon cas. Je suis fière de m'être montrée forte.
En dépit de ces pensées, mes poils étaient toujours hérissés. Je me sens toujours tendue. Mon coeur bat vite, il n'a pas retrouvé son calme et ma gorge me brûle. Mes yeux me piquent un peu, mais j'essaie de surmonter ces inconvénients, qui tentent désespérément de prouver à cet homme que j'avais peur. Non pas que je voulais pas assumer ma trouille, mais je voulais, tellement, tellement, tellement lui démontrer que je ne suis pas fragile, que je suis une vraie bête et dure à cuire.
Les bras de Fat Gum s'enroulent autour de moi et il me plaque en douceur contre son corps. Ma tête se retrouve contre son ventre, que je trouve très moelleux. Je rougis un peu, appréciant ce contact. J'étais facilement câline avec mes proches, alors ça me fait un peu plaisir. Ses mains, sont fébriles, je le sentais surtout lorsqu'il en posait une sur ma tête. Je plisse mes paupières, mon coeur se tord, me rappelant que j'étais folle d'avoir agit tête baissée plus tôt, que j'aurais pu être en danger, que Tai aurait pu lui aussi, être en danger.
— J'ai eu si peur pour toi... Me souffle t-il.
Son attention me touche vraiment. Son coeur bat si vite, je l'entends bien et ça me rend triste. Je n'aimais pas savoir ceux que j'aimais mal. Doucement, je vins lui frotter son dos, espérant le soulager un peu.
— Eh, je vais bien. C'est plus important, non ? Je lui fait remarquer, avec un petit sourire.
— Oui, oui... on peut dire ça comme ça....
Il soupire et finit par me relâcher.
— Ne recommence plus ça. Jamais.
Ce n'est pas ce que je veux entendre.
— Félicitations à vous deux !
Et moi ?
Les garçons opinent doucement avec un sourire. Fat Gum pose ses mains sur leurs épaules, comme s'ils étaient ses fils, ses chouchous.
— Vous étiez formidables !
Pourquoi tu ne veux pas comprendre ce que moi, je veux ? Ce n'était pas compliqué pourtant. Je veux aussi un peu de reconnaissance. Un petit sourire, un clin d'oeil, un soupir avec un sourire, un regard remplit de satisfaction. Aucune expression, aucun geste, ni paroles n'est ressortit pour moi.
La fameuse question me ressort de nouveau : « Qu'est-ce que tu veux faire plus tard ? ». Je la hais. Je la méprise. Je ne sais toujours pas. Je pense que j'aimerais un peu de considération, un peu d'admiration. Qu'on soit bluffé par ce que je suis capable de faire. Mon estomac se retourne et je détourne mon regard d'eux. Ce fossé qu'il y a entre moi et eux, est immense. Ils sont tout près du soleil, tandis que moi, eh bien, je suis en dessous, en bas échelle. Une personne sans grosse importance. Je distingue peu après, des journalistes accourir, au même moment qu'une sirène vienne faire irruption. Cette fois-ci, la cohue débarque.
Je m'éloigne, laissant le moment de gloire aux plus méritant. Je n'ai pas ma place dans leur monde. Je suis différente, inutile, juste une personne lambda parmi tant d'autres, bien que je n'ai, que ma bonne humeur avec moi, et mes rêves irréalisables.
Échappant, m'éloignant de tout ces gens, j'ose imaginer un scénario dans ma tête. Si je n'étais pas aussi fragile niveau santé, mon alter aurait été plus utile, putain. J'aurais été sous les feux des projecteurs et on me couvrirait d'éloges, comme les garçons. Je n'ai pas ma place parmi eux. Je devais l'accepter. Et ça, c'était fait depuis longtemps. C'est juste qu'en y pensant, je venais de ressentir une vague de jalousie. Pour ne blesser personne, je m'isole. Une fois bien écartée de tout ce brouhaha, je vins sortir mon téléphone. Putain, avec l'accident, ma coque est un peu endommagé et j'ai une petite fissure sur mon écran. Coté positif, elle fonctionne, cela aurait pu être pire.
Je constate en haussant mes sourcils, un nombre d'appels manqués, qui venaient surtout de Jess, avec laquelle, je me suis embrouillé. Je n'avais pas besoin de ça. Je soupire et tout en pianotant sur mon (marque de téléphone), je suis surprise qu'elle m'ait tout de même laissé deux messages vocaux. J'appuie et j'écoute, en mettant en haut-parleur, tout en voyant d'autres notifications manqués, cette fois-ci, de YouTube ou encore de mes conversations manqués.
« Ecoute, je sais que tu passes une mauvaise journée, pas la peine de propager ta sale humeur aux autres. Comme je suis sympa, je te pardonne. »
« Rappelle-moi, tu viens de passer sur une vidéo d'un Youtuber là ! »
... Uh ? Vidéo ?
Je fronce des sourcils et je file en vitesse sur YouTube. Ma mâchoire redescend très bas, en constatant, sur les news ; un type, qui se trouvait peut-être pas loin de la scène plus tôt, venait de tout filmer. La voiture qui s'était retournée, des voyous qui nous attaquaient, de ma sortie, de ma lutte et mon sauvetage désespéré à Fat Gum, jusqu'à l'arrivé de ses deux stagiaires. Je suis estomaqué et je remet en replay. J'écoutais surtout, les commentaires de la personne qui filmait tout ça.
« Wesh, c'est qui la grosse qui sort ??? Genre, elle vient de faire chialer le vilain !!? Hein ?! D'où elle connaît Fat Gum ??! »
Ma mâchoire se contracte et je serre des dents. Ma main se resserre sur le téléphone et il complimente surtout les garçons. Je me prenais, des moqueries de cet influenceur, qui visiblement, avait plus de 10k abonnés sur sa chaîne...
« Mais MDR, elle bouge même pas son cul, vous avez vu ça ?! Elle est toute émoustillée dès que le gars lui tend sa main là ! Elle est tombée amoureuse là !! Rêve pas, c'est pas avec ton look qu'il voudra sortir avec toi !! L.O.L. ! »
J'arrête immédiatement la vidéo. Cet influenceur sait-il que ses paroles peuvent blesser ?? Pourquoi il se comporte comme un gros ingrat ? Dans l'espace des commentaires, il y avait beaucoup de personnes, qui l'insultait, le traitait de grossophobe. D'autres riaient, ou se contentaient d'admirer la vidéo. Il y en a qui balancent des théories sur qui je suis puis, ça lance des éloges sur l'intervention des aspirants héros.
J'inspire une grande bouffée d'air. Mes yeux s'humidifient, ma gorge se noue et j'ai l'impression que mon nez est prit. Je cherche dans mes poches, si j'avais un paquet de mouchoirs. Je n'avais rien et là, je me met à rire. Un rire brisé et triste.
— Euh.. excusez-moi...
Je pivote légèrement et mes yeux considèrent une paire d'orbes plus sombres. Dans mes pensées, tout est brouillon et je pense que je délire. Il y avait une caméra cachée quelque part, prêt à surgir de nouveau rien que pour zoomer mon visage ? Mettre en avant ma réaction ? Sun Eater me tend un mouchoir en papier et je jauge ceci en plissant mes yeux. Je n'ai pas envie d'être réconforté. Il se pourrait qu'il se joue de moi. Je ne suis pas dupe.
— Lâche-moi, crachais-je en tournant les talons.
— Ah_...
Derrière moi, il tirait une sacrée tronche. Apparemment, il ne s'attendait pas à un refus de ma part, en plus que je venais de le tutoyer. Il cachait bien son jeu ce salaud, il devait rire de moi. S'il était venu me chercher, c'était sous les ordres de Fat Gum. C'était d'une évidence...
— A-Attendez ! Acceptez au moins ce mouchoir...
— J'en veux pas.
Habituellement, je ne suis pas en froid avec qui que ce soit. Mais j'avais eu ma dose aujourd'hui. Je vais aller quelque part, m'isoler et faire genre que Tai m'a laissé en plan sur la route, comme ça mon père viendra me récupérer sur la route. Je renifle, j'essuie à la va vite cet écoulement nasale du revers de ma main et j'essuyais hâtivement sur mon pantalon que je mettrais rapidement dans la machine à laver, une fois chez moi.
— Tu peux dire à Fat Gum que je rentre chez moi. Bonne continuation à vous.
Avec politesse, je le salue avec ma main, sans même lui adresser un regard. Je n'en voyait pas l'utilité. Ma voix était légèrement étranglée et j'essaie de paraître normale et de sourire en gardant la tête haute.
— Mais votre nez... il coule... Insiste Amajiki.
— Non, c'est la magie du pollen. Allez, au revoir et à jamais_
— Cet influenceur a tout faux.
Je me stoppe dans mon élan et de mes yeux ronds, je tourne ma tête, regardant par dessus mon épaule, la silhouette de l'aspirant héro, me sonder du regard, très sérieux, retrouvant son courage. Au début, j'ose croire que j'ai mal entendu. Que mon cerveau me jouait des tours. Alors que non, dès que je l'aperçois prendre les devants, effectuer quelques pas pour réduire la distance qui nous sépares, j'ai l'impression que mon souhait était exaucé. Avec une autre personne.
Il poursuivait, conscient de ce qu'il me transmettait, et ce garçon, savait pertinemment qu'il avait une touche. L'aspirant héro avait noté qu'il avait capturé toute mon attention. Cette fois-ci, plus près de moi, il me désignait le mouchoir en papier, espérant que je m'en accapare et le remercie pour sa gentillesse.
— Personne n'aurait eu le courage de lutter. Beaucoup se seraient laissés faire. Ou auraient fuit dès que l'occasion se présentait. Tu es venu secourir Fat Gum alors qu'il était encore dans la voiture. Tu as été très brave.
Chaque mot qu'il employait, avait pour effet, un baume à mon coeur. En plus il me tutoie, il a changé de ton avec moi. Sun Eater m'adresse un sourire sincère et hoche sa tête.
— Cet influenceur n'aurait pas eu les tripes de faire ce que tu as fait. Tu as été exceptionnelle.
— Merde.. Lâchais-je en baissant ma tête, incapable de lui faire face, maintenant.
— H-Hein ? J-J'ai dit quelque chose qu'il ne fallait pas ??
Amajiki s'inquiète et se met à bafouiller. Il se sent maintenant mal à l'aise et cherche désespéramment une quelconque aide extérieure. Sauf qu'il est seul et qu'il allait devoir prendre ses responsabilités. Gêné, il se met à paniquer, il s'agite, me sort toute une longue liste d'excuse et surtout, il se rabaisse ?
— Ahhh désolé ! Désolé ! J'ai fait une gourde ? Je ne sais pas consoler, je euh.. ah quel imbécile je fais... quel incapable... comment fait Mirio dans ces occasions ? Je ne sais pas faire rire moi ! Lui sait y faire mais moi... ahhh... n-non ne pleurez pas...
— J'pleure pas ! M'exprimais-je avant de lui voler, de sa main, le mouchoir.
Il se fige. Je me retourne et me mouche dans le papier. Je hoquette et je recommence, les larmes embrumaient mes yeux et ça pique. Merde, voilà mon coté sensible qui ressort... Contrairement à ce qu'il pensait, il m'avait très bien consolé. Il m'avait revalorisé, avait pointé les cotés positifs et ça m'avait atteint. Franchement, à coup sûr, je fais pitié.
Mes yeux baissés, je repère son ombre effectuer un mouvement. L'aspirant héro semble tendre sa main dans ma direction mais se ravise, il range son bras.
— Je...
Le coupant dans son élan, je lève mon poing en l'air. J'aborde un grand sourire et je fais un bond vers le haut, comme ferait une petite fille. Je me retourne et il sursaute, étonné.
— Il me faut plus pour m'abattre ! Beaucoup plus !
— Euh... D-D'accord... ?
— Bon, faut que j'y aille, à plus !
— Non, attend !
Amajiki me retient encore. Je le considère, tout en gardant mon sourire. Avec ma blague pourrie pour alléger l'atmosphère, je glousse :
— Quoi ? Tu veux m'inviter dans une boulangerie ?
— Hein ?! S'esclaffa le garçon en tenue de héro, son visage devint rouge en une fraction de seconde, puis, se mit à secouer frénétiquement sa tête, ses mains devant lui, comme pour faire barrage entre nous. N-Non !
Une réaction mignonne. Il me faisait sortir mon coté taquine et je tentais au mieux de garder ceci sous verrous. Inutile de me faire de faux scénario entre nous deux. Parce que je doute qu'on se retrouvera, un autre jour. Il fallait être réaliste.
— Fat Gum s'inquiète pour toi, tu sais, m'explique t-il, plus sérieusement, en perdant doucement ses rougeurs, il ne serait pas d'accord que tu rentres seule...
— Je suis grande et débrouillarde, merci de ta compréhension.
Je tourne les talons. Encore une fois, Amajiki essaie de me retenir. Je rejoins mes doigts derrière mon dos en lui adressant un sourire forcé par dessus mon épaule.
— Je ne lui serait qu'un boulet si je reste près de lui.
— Ce n'est pas vrai !
Son ton avait changé et sa voix s'était haussée. De ses yeux sombres, il me fixait sérieusement, les sourcils légèrement froncées. Il se rapprochait, réduisait notre distance et je le laissais faire, écoutant son rappel, sur mon courage et que j'ai été utile pour mon tonton. De son sourire sincère et bienveillant, il vient poser sa main sur ma tête et je sens mes joues chauffer. Mon coeur grossit devant ce geste si doux, si délicat. Tout mon être désirait anéantir ce qui nous séparais. Mais ce n'est pas possible.
Mes yeux (couleur des yeux) s'ancrent dans les siens. On se jauge un court instant, on demeure silencieux puis soudain, son expression se modifie, radicalement. Il tremblote et retire hâtivement sa main de moi, il s'éloigne et se dirige machinalement vers un arbre et cale sa tête contre, s'enroule de ses bras autour de son ventre. Il est pâle et se met à murmurer ;
— Elle est de la famille de Fat Gum... je fiche quoi moi à la toucher ? Elle ne m'a pas repoussé alors que c'est tordu et familier ! ah.. mon ventre me fait mal, les interactions avec les autres c'est compliqué.. ahhh...
What the fuck ? Il fait un rituel ou une communication avec un arbre ?
Je m'avance jusqu'à lui. Je le regarde, puis ce grand arbre, encadré par des dalles gravillonnés. Aucun déchet n'était déposé par ici, ni devant quelques magasins qui se trouvaient sur notre droite.
— Tu fais quoi ? Tu envoies tes pensées à l'arbre et l'arbre te donne son énergie ou ses secrets aussi ? T'es du genre à ne faire qu'un avec la nature ?
— Hein ?! N-non ! Je...je...
Sa timidité – ou alors son anxiété – le pousse à s'écarter de moi, il contourne l'arbre et je fais de même, je l'imite, non pas pour me moquer de lui, mais parce que j'essaie d'apprendre sur lui. Je l'encourage à terminer sa phrase, je le soutien à reprendre, tout en souriant. Alors que je le voyais entrouvrir ses lèvres, en rougissant énormément, je m'attendais à ce qu'il prenne parole.
Quelqu'un le coupa dans son élan. Je me tourne vers l'individu, bien énergique.
— Vous êtes là !! S'écrie Red Riot, il court vers nous.
Kirishima commence à nous rejoindre et innocemment, il cligne plusieurs fois des yeux et penche sa tête sur le coté, en haussant un sourcil.
— Vous jouez à quoi ?
— Au chat et à la souris, je suis le chat. Je lui répond vivement.
— On ne joue pas... Proteste faiblement Amajiki. Il parle si bas qu'on ne l'entendait pas.
— D'ailleurs, il a débuté le jeu son collègue, il s'est mit à se coller à cet arbre !
Le roux a des yeux ronds.
— Ah bon ?? Mais pourquoi ??
— C'est ce que je cherche à élucider !
Je fais un câlin à l'arbre sous le regard outré de Sun Eater. Il grince des dents et glapit, comme un lapin apeuré qu'il se fasse attraper.