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Date de création : 04.08.2012
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Par Anonyme, le 26.02.2026

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hello, c'est l'anime "nagi no asukara" ; de la romance - tranche de vie - un peu de thème sur les "sirènes" :)
Par Blue - Lily S, le 06.02.2026

c’est un anime ? si oui le nom svpppp
Par Anonyme, le 06.02.2026

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One Shot 1 - Toilet-Bound Hanako-Kun

Publié le 18/11/2022 à 20:18 par reve-of-manga
One Shot 1 - Toilet-Bound Hanako-Kun

Titre: My little happiness 

Auteur: Lily Sawaka

Couple: Hanako X OC

_________________________________________________________________________

PARTIE 3/6

 

Il lui tourna le dos et fouilla dans les cuvettes des toilettes. Plusieurs babioles furent extirpés de l'intérieur. En assistant à ça, Hoshi eut la nausée et tourna le dos, en plaquant sa main gauche sur sa bouche, pâle. Une terrible sensation que de la bile remontait à la surface la rendait malade. Fantôme ou non, sortit plusieurs trucs des toilettes... ce n'était pas très élégant ni attirant. Juste par curiosité, la lycéenne à la tresse jeta un coup d'oeil par dessus son épaule, s'interrogeant sur ce que Hanako pourrait utiliser pour elle.

Et là, encore, elle se raidit, son visage se décomposa et l'observa faire.

Le jeune garçon était en train de se ressourcer sur un guide annuel, édition limité, ce qui était écrit en petit sous le Titre : « Comment se faire des amis pour les nuls ».

 

— Hé. Je ne suis pas non plus la fille la plus catastrophique au monde..... L'apostropha t-elle, d'une petite voix.

— Page dix-neuf, paragraphe deux ; il est important que vous vous investissez dans la relation, invitez à sortir votre partenaire... Murmura Hanako, totalement plongé dans sa lecture, ignorant royalement le commentaire de l'humaine qui l'avait convoqué.

— HE ! Tu m'écoutes oui !?

 

Hanako releva sa tête du bouquin et tourna sa tête, jaugea la jeune fille avec ses orbes ambrés un instant avant de esquisser un sourire moqueur. Il semblait beaucoup s'amuser de cette situation.

 

— Ben quoi ? Je me met à ton niveau. C'est toi qui voulait te faire des amis, n'est-ce pas ?

 

Pour une raison quelconque, Hoshi avait une folle envie de l'étriper. Elle n'arrivait même pas à savoir s'il était sournois. La brunette secoua sa tête, inspira un grand coup et expira, cherchant à se canaliser. Pour évacuer son stress, elle craqua ses doigts, ses articulations transmettaient le bruit jusqu'aux oreilles du garçon fantôme qui, tressaillit, sidéré. Les mains pliées vers le bas, accompagné de ses deux feux follets, il fixa la lycéenne, terrifié.

 

— Pardon, ne te met pas en colère ? S'inquiéta t-il, ayant subitement peur qu'elle change d'attitude vis à vis de lui.

— Je ne suis pas en colère. Je suis zen.

— Ah bon ? Certaine ? Certaine ? Certaine ? Se buta t-il, comme un enfant qui essayait de pousser à bout quelqu'un pour obtenir la satisfaction d'avoir ennuyé.

— Si tu me tourne autour comme une mouche, OUAIS, je pourrais aller chercher du sel pour te purifier ! Lui gronda t-elle, perdant son calme en une fraction de secondes avec ses déplacements.

— Avec quel sel ?

— Du sel de cantine, va s'y, j'y vais même sur le champ en récupérer !

 

Déterminée, elle attrapa son sac à dos et le mit sur son épaule. Hanako la regardait, sérieux.

 

— Ahhhh oui, en fait tu es une sacrée rebelle, lâcha le noiraud en croisant ses bras, amusé par sa réaction exagérée, non seulement tu demandes des amis mais en plus tu es capable d'aller voler du sel pour moi ?

— Je ne vais pas voler ! Je vais emprunter !

— Et le vider.

— Exactement !

— ... Visiblement on n'a pas la même définition du mot « emprunter ».

— Je rend l'objet sans qu'il soit abîmer, je trouve que c'est correct. Se justifia t-elle en haussant les épaules, en gonflant une joue, têtue.

— Tu as essayé du yoga ? Vraiment, je pense que ça te ferait du plus gros bien.

 

Elle grommela et le dévisagea. Comment la situation avait dégénéré ainsi ? En faisant la tête, un boudin que seuls les enfants faisaient pour avoir de l'attention, Hoshi joua avec ses mèches. Hanako la recadrait avec sarcasme, il avait l'art et la manière de se moquer d'elle ouvertement, bien qu'il ne franchissait pas non plus la barre. Comme tout le monde, l'adolescente avait un niveau à ne pas dépasser, surtout quand il s'agissait de rire d'elle. La patience qu'avait cet esprit, était sûrement dû aux nombreuses années de solitude et d'expérience qu'il avait pu acquérir au fil du temps.

Ronchonne, elle parlait dans sa barbe invisible, prétextant qu'elle savait pertinemment garder sang-froid. Que c'était juste dû à la fatigue qu'elle se comportait aussi stupidement. Hanako se déplaçait, se plaçait devant elle, les mains joints derrière son dos. Avec un sourire rassurant et sincère, il lui affirma :

 

— Tu sais, tu as le droit d'être empotée. Ce n'est pas un mal. Tu es humaine et tu as des émotions comme n'importe qui. Tu n'as pas à te comporter comme une fille parfaite. À vrai dire, je trouve que tu es plus dans ton élément en étant toi-même. Je suis sûr que tu te ferais un tas d'amis en étant toi-même.

 

Les iris vertes de la jeune fille s'arrondissaient et son coeur grossissait à l'écoute de ses paroles. En seulement quelques mots, il venait de la guérir. Avec un sourire amer, Hoshi attrapa la jupe de sa robe et la serra. Elle repensait à ses anciennes amies qui lui avaient tournés le dos à la fin du collège. Ce rappel l'étouffait, et son coeur qui avait retrouvé de la vitalité, s'effondrait, s'empoissonnait à petit feu.

 

— En montrant ma véritable facette, je peux faire fuir les autres.

— Ce serait stupide de priver son bonheur et sa liberté juste pour ceux qui ne le méritent pas, tu ne penses pas ?

 

Ahurie, Hoshi releva sa tête, le regarda, toute à l'écoute.

 

— Le bonheur des autres n'est pas quelque chose à détruire. Et puis, on a tous un charme. Tu as le tiens, c'est du gâchis de te bloquer pour du monde que tu ne reverras probablement pas. Tu vivrais avec trop de regrets.

 

Des regrets ? Pensait-elle, troublée. Faisait-il allusion à lui ? La brunette fit une moue et soupira en se faisant une raison à tout cela ; il n'avait pas tord. Mine de rien, il avait totalement raison, bien qu'avant, il était très difficile de le prendre au sérieux. Il se comportait comme un enfant en même temps. D'ailleurs, ce n'était pas une mauvaise chose ! En effet, Hoshi se sentait bien en sa compagnie. L'atmosphère n'était pas dérangeante et surtout, elle ne se sentait pas si mal à l'aise. Son coeur était allégé, alors qu'avec les autres, il était lourd.

Une étrange combinaison, qu'elle-même n'arrivait à percer le mystère. Cependant, n'étant pas d'humeur à enquêter sur ses propres sentiments, Hoshi restait focus sur l'instant présent un minimum. Avec un sourire sincère, elle s'adressa à Hanako qui flottait toujours dans les airs.

 

— Merci... tu as raison. Je vais faire de mon mieux !

— Super. Sourit-il en retour. Alors tu vas commencer par quoi en premier ?

— Toi !

 

Spontanément, la lycéenne lui avait répondu avec un grand sourire angélique. Hanako se figea, stupéfait. De peur d'avoir mal comprit, il se pointa du doigt. Il articula bien, de sorte qu'il soit parfaitement bien entendu.

 

— M-Moi ? Répéta t-il, incrédule.

— Oui toi. Sourit-elle, déterminée, les sourcils froncés.

— Je ne te suis plus trop là...

— Suis-moi et tu verras !

 

Plaçant les bretelles de son sac à dos sur ses deux épaules, la lycéenne sortit des toilettes, suivit de près par l'esprit qui venait de soupirer dès son départ. Quelque chose cogitait dans la tête de cette fille, c'était évident. Restait à savoir quoi.

Redescendus au premier étage, dans la salle de classe de la jeune fille, Hanako demeura silencieux. Il avait laissé Hoshi s'asseoir sur la chaise de son bureau attribué, sortir une grande feuille A4, muni de son crayon à papier, elle dessinait. Bien sûr, le septième mystère de l'école se doutait qu'elle préparait une affiche pour l'ouverture d'un club d'astronomie... toutefois, impatient, il ne pouvait que se demander quel était son rôle à jouer. Après tout, en quoi il était le premier à agir dans le petit plan ? Tracassé, il ne put s'empêcher de la harceler. N'obtenant aucune réponse, le noiraud redoubla d'efforts pour avoir son attention.

 

— Héhooooo Kioshi-saaan, je veux que tu me répondeees !

 

La lycéenne lui fit signe de non du doigt, toujours concentré sur son papier. Ses orbes émeraudes faisaient fixette sur son chef-d'oeuvre. Avec une moue vexée, Hanako se plaça derrière la jeune fille et jeta un coup d'oeil furtivement sur le dessin. Naturellement, il ne put s'empêcher d'apporter sa critique.

 

— Ton dessin n'attire pas du tout l'oeil.

— Mais sii !

— Excuse-moi, mais un chat astronaute qui n'a juste un casque sans combinaison, ce n'est pas du tout la première chose qui donnerait envie de rejoindre le club...

 

Hoshi le dévisagea, enfin, elle prenait le temps de lui répondre. Bien sûr, elle lui causait, en oubliant même la présence de quatre camarades de classe encore présents, qui la fixait, choqués qu'elle parle seule.

 

— Mais attends un peu ! J'ai pas encore rajouté des étoiles filantes !!

— Et ton slogan est trop petit, pense un peu à ceux qui portent des lunettes, grossis...

— T'es prof d'art ? Je ne crois pas non ! Bougonna t-elle, offensée.

— Et c'est quoi ce truc ovale ?

— C'est rond ! Lui corrigea t-elle. La lune !

— Mais tu sais, la lune c'est rond. Pas ovale. Lui signala Hanako avec un sourire amusé. Tu savais que la Terre est ronde et pas plate ?

— Tu pourrais arrêter de juger mes dessins ? Je vais pleurer si tu continues là.

 

Un gloussement s'échappa des lèvres du garçon fantôme. Ses épaules remontaient, tandis qu'il plaçait sa main près de sa bouche, comme pour lui cacher le fait qu'il rigolait de bon coeur. Hoshi le regardait avec un sourire attendrit et aussi amusé. Par son rire contagieux, à son tour, elle l'accompagnait dans ce petit fou de rire. Une fois avoir colorié son dessin, fièrement, l'adolescente le présenta à Hanako, les yeux brillant. Une attitude enfantine, qui amusait encore plus le noiraud. Pour lui, c'était mignon.

Cela faisait longtemps qu'il n'avait pas rit de cette façon.

Hoshi appliqua le poster contre le tableau d'affichage dans les couloirs, après avoir enfoncé une punaise contre le panneau en liège. Dessus, plusieurs annonces, publicités ou moyen de recruter des élèves dans un club. Fière, elle croisa ses bras, admirant son travail qu'elle avait confectionné quelques minutes plus tôt. L'art n'était pas sa matière favorite, toutefois, la jeune fille estimait qu'elle avait très bien bossé. Derrière elle, Hanako regardait intensément le papier. Le fond était blanc, juste des étoiles par ci et par là, un chat astronaute, une lune ovale, un étrange vaisseau spatial qui faisait plus ovni qu'une fusée – qui aurait été tout de même mieux adapté sur le thème astral –.

 

— C'est parfait ! À coup sûr, des personnes voudront entrer dans mon club ! Se vanta stupidement la brunette. Pour affirmer ses propos, elle hochait de la tête, les paupières closes.

— A mon avis, tu risques de te faire rire du bout du nez. Lui rétorqua le noiraud, pas toujours remit de ce slogan aussi tout petit plutôt que la mascotte.

— Ne sois pas jaloux de mon talent artistique !

 

L'esprit plissa ses yeux. Il se déplaça et pointa du doigt l'affiche plus loin, exposant un personnage manga avec une épée, des stylos à plumes, des crayons de couleurs, casse-noisette...

 

— Ose me l'affiche du club d'art ne vaut rien à coté du tiens.

— ...As-tu conscience que tu me compare avec un club de dessin ?

— Au moins, si je leur demande de faire un vaisseau spatial ou une fusée, ils n'iront pas me sortir des extraterrestres...

— Arrête de blesser mon coeur, je vais te détester..

 

De nouveau, Hoshi refit une moue, contrariée des avis du septième mystère de l'école. Soudain, en les interrompant, une sonnerie, signalant la reprise des cours. La lycéenne sursauta, salua rapidement l'esprit et partit en direction de sa classe. Délaissé, Hanako pivota légèrement sa tête, jeta un dernier coup d'oeil au dessin de la fille qui l'avait invoqué. Il repensait au sourire joyeux qu'elle avait, à ces étincelles qui émanaient de ses yeux. Bien qu'elle manquait du temps pour confectionner son œuvre, la brune avait mit tout son coeur dans ce projet. Elle s'était évadée du monde réel, se laissant emporter dans un univers utopique, fantastique et merveilleux.

Hanako souriait, attendrit par tant d'efforts fournis à travers ce message, qui ne demandait qu'à être remarqué. Peut-être finirait-elle par trouver une personne prête à devenir son ami. Hoshi Kioshi le méritait, elle était si gentille, motivée et pleine de vie. Personne ne devrait lui ôter sa lumière, qui réchauffait le coeur du garçon fantôme.

La journée était terminée. Tous sortaient de la salle de classe, excepté la jeune fille qui rangeait mollement ses fournitures dans son sac. Elle remarquait la présence de l'esprit, assit sur la table d'en face, son regard rivé sur un point fixe, à travers la fenêtre. Le ciel avait commencé à se coucher, le ciel était peint en orange. Des rayons uv filtraient avec le verre, submergeant la salle de classe, rendant ainsi le corps plus translucide du garçon. Ses feux follets restaient près de lui, flottant silencieusement. Hoshi considérait plus sérieusement le noiraud. Il devait se sentir terriblement seul dans l'enceinte de l'école, sans ami. Toujours dans l'attente d'être appelé.

Dans une solitude éternelle, qu'il devait accepter sans broncher.

 

— Hanako... ? L'appela doucement Hoshi, après une minute d'hésitation.

 

Finalement, après s'être relevé de sa chaise, elle put apercevoir depuis sa place, au premier étage, la vue en plongée, la cours. Il y avait un groupe de garçons, qui jouaient au ballon, plus particulièrement au football. Ils riaient, discutaient entre eux, joyeusement et détendus. Elle comprit de suite le lien. Hanako enviait les garçons qui vivaient insouciamment.

 

— Comment tu es mort ? Se risqua t-elle de lui demander, bien que cette question soit tordue.

— C'est une longue histoire. Lui répondit-il aussitôt, avec un sourire mélancolique.

— J'aimerai savoir.

 

Lentement, le noiraud plissa ses yeux. Ses orbes ambrés sans lueurs se dirigeaient vers la lycéenne qui le regardait intensément, patiente. Sur un ton cynique, il répliqua avec un sourire :

 

— Je n'y répondrais pas, ton vœu est d'avoir un ami. Après je partirais, notre contrat sera terminé.

 

Les iris vertes de Hoshi s'arrondissaient et sa respiration se bloqua tandis que ses lèvres s'entrouvrirent.

Le choc était irremplaçable. Il avait raison, et elle le savait. Malgré tout, une partie d'elle refusait de le lâcher. Qu'il lui tourne le dos de cette manière. Parce qu'il a été son premier soutien depuis la séparation de ses vrais amis. Et elle ne s'était jamais sentit aussi bien. Personne ne l'avait réellement laissée être elle-même.

 

— Dans ce cas, je le prolongerais. Ce contrat.

— Pardon ? S'étonna Hanako, prit au dépourvu.

— Je l'allongerais, je le retarderais. Déclara t-elle fermement. Je n'ai aucune envie que notre histoire s'achève ici !

— Mais....enfin..tu...

— Je ne veux pas te laisser seul ! On va être des alliés ! Ok ? Le contrat ne fonctionne pas entre un humain et un esprit, pas vrai ?!

 

Le ton avait monté. Hoshi venait de plaquer ses mains sur son bureau. Les sourcils froncés, déterminée, une lueur enflammée à travers ses yeux, elle poursuivit dans son élan, se fichant éperdument qu'elle pouvait aussi jouer avec Dieu. Hanako écarquillait ses yeux, surprit.

 

— Soyons amis dès aujourd'hui ! Je veux rester avec toi !

 

Le visage du septième mystère rougissait à vue d'oeil. Il remontait légèrement son bras suite à sa réaction. Il n'avait jamais rencontré quelqu'un d'aussi persévérant, têtue et si spécial. De toute façon, inutile d'entretenir un débat ou une opposition, la brune était ferme, catégorique ; elle ne laissera pas lui échapper. Quelque part, au fond de lui, il se sentait ému. Touché qu'elle l'acceptait. C'était gentil et à la fois... naïf. Il ne fallait pas oublier qu'il n'était plus vivant et qu'il avait commis un crime avant de mourir.

Tous deux ne pouvaient pas se montrer tactiles. Ils n'étaient pas liés et la frontière entre les humains et les êtres surnaturels faisait une grande différence. Seul Hanako pouvait la toucher, puisqu'elle l'avait invoqué plus tôt. Le garçon lui souriait en retour, appréciant le fait de devenir son ami, pour une courte durée. Il se rappelait ensuite qu'elle devrait partir. L'esprit descendit de la table et rejoignit ses mains derrière son dos, gardant un sourire taquin, cachant ses vraies émotions derrière cette expression.

 

— Ca te tenterait de nettoyer les toilettes ?

— De là où tu es ? Demanda t-elle, incrédule.

— Oui !

— Tu m'as cru pour ta bonne ? Nan, sans façon.

 

Direct, simple et efficace. Hanako baissa sa tête.

 

— Ne fais pas les yeux de chien abattu. Sourit doucement Hoshi, sincèrement désolé. Ce n'est pas parce que je n'aime pas ta présence... c'est juste que...

— Tu dois rentrer, je sais.

 

Lui qui pensait égoïstement pouvoir la retenir plus longtemps, c'était voué à l'échec. Pour ne pas faire culpabiliser sa nouvelle amie, il redressa sa tête, souriait de nouveau et ferma ses yeux. Avec un rire espiègle, il bougeait sa main, l'autorisant à filer.

 

— Allez, va. Tes parents doivent t'attendre ! Un bon repas aussi ! Et sans doute des jeux et tout ça ! Ah, j'oublie aussi, peut-être tes magazines sur des hommes sexy. Je suis certain que derrière ta facette d'ange, tu es une groooooosse perverse ! Mon intuition le dit !

 

Pour accompagner ses paroles, il appuyait deux doigts sous son menton et hocha de la tête. En absence de réponse de la jeune fille, Hanako rouvrit ses yeux et constata avec étonnement que la jeune fille ne souriait plus, elle était en transe, le visage assombrit. Inquiet, l'esprit appela doucement son amie. La brunette sursauta, se crispa et de suite, releva sa tête avec un sourire qui sonnait faux. Son rire était nerveux, elle cherchait à effacer la tête qu'elle avait fait plus tôt, de manière maladroite et peu discrète.

 

— Ahaha.. oui.. la famille, tout ça, oui !

 

Elle n'avait même pas relevé la moquerie du septième mystère. Il plissa ses yeux, suspicieux. Une question lui brûlait la gorge, mais se retint de la lui poser, identifiant sa réaction tardive, sous-entendait que ça ne se passait pas forcément bien chez elle. Il manquait de preuves concrètes en tout cas. Il ne devrait pas en tirer des conclusions trop hâtives. Hoshi mit son sac sur son dos et rangea sa chaise contre son bureau. Toujours toute souriante, elle lança :

 

— J'ai hâte d'être à demain ! On se revoit, hein ? Ne m'oublie pas !

— Oui... à demain... Sourit-il en retour.

 

Une fois qu'elle eut quitté la salle de classe, tous deux ressentaient un pincement au coeur. Un vide venait de les submerger, un manque. Hanako inspira un grand coup, se rapprocha de la fenêtre, attendant sagement de percevoir la silhouette de la lycéenne quitter l'enceinte de l'établissement. Les mains dans les poches de son uniforme, il observait attentivement ses déplacements. Ils étaient mous. Elle gardait la tête haute, droite, une expression neutre. Ses cheveux attachés en tresse bougeaient au rythme de ses mouvements. Le noiraud pesta seul. Peut-être bien qu'il se trompait. Ça le dégoûtait de ne pas pouvoir envoyer blancheur la suivre, par précaution. Au-delà de l'école Kamome, il ne pouvait aller autre part. Le septième mystère était coincé dans cet endroit pour toujours.

Le chemin entre l'école et la maison était estimée à peu près vers trente minutes de marche à pieds. La jeune fille était arrivée dans un quartier pas mal fréquenté, avec plusieurs lotissements, de maisons et bien sûr, une station de bus. Contrairement à d'autres enfants de son âge, la lycéenne n'avait pas les moyens de prendre le bus. Alors elle se contentait de faire la marche. D'autres avaient en possession un vélo, pas elle. Certains avaient des rollers ou encore un skateboard, pas elle. Non pas qu'elle manquait de moyens ou qu'elle était pauvre. Sa famille s'en sortait.

Si on pouvait le formuler de cette manière.

 

— Putain ! Jura une femme se trouvant au deuxième étage d'un immeuble. Tu peux arrêter de foutre tes bouteilles vides devant la porte ?! J'ai l'air de quoi moi !!?

 

Hoshi plissa ses yeux en observant la scène se dérouler sur sa gauche.

Home sweet home...

Elle monta les marches en béton, se dirigeant vers la deuxième partie de l'immeuble. Il y avait une dizaine de portes qui longeaient, pas plus, ni moins. Au total, il y avait trois niveaux. Il arrivait régulièrement que certains quittaient le logement pour se mettre dans un endroit plus confortable et plus grand. Le propriétaire qui s'occupait des lieux était rarement présent. Mis à part les locataires, rien n'était nettoyé ni entretenu à l'extérieur. Certains faisaient la fête tard et cela se terminait par des insultes ou des plaintes auprès du concierge. Mais rien n'avait aboutit.

Ce qui expliquait pourquoi beaucoup rendaient les clés au bout de trois mois. Ce n'était clairement pas le meilleur endroit où aller, même si les prix étaient raisonnables et que derrière, il y avait un grand parking réservé aux locataires, le reste laissait à désirer. Rejoignant la femme, Hoshi la détaillait. Vêtue d'une jupe bien moulante en cuir, une chemise blanche satinée, de collants marrons, d'une paire de talons noires, on pouvait rapidement deviner qu'elle travaillait dans une compagnie, en tant que secrétaire, ou employée de bureau. Ses longs ongles étaient bien entretenues et vernis en rose. Ses cheveux bruns étaient remontés en un chignon maladroit, ce qui donnait un certain charme, en plus de son visage soigné, sans aucun défaut, mis à part son maquillage qui mettait en valeur ses yeux et ses lèvres pulpeuses. Irritée, les bras croisés, elle avait son pouce qui se frottait sa lèvre inférieure. Le son qui se rapprochait d'elle la fit arrêter et prudemment, elle se retourna, le bruit de ses talons se faisait entendre contre le béton.

 

— Ah, ma puce. Sortit-elle avec un sourire.

— Coucou maman..

— Tu peux m'aider à virer ces bouteilles que ton père a encore laissé devant ? J'imagine qu'il a encore laissé les poubelles à l'intérieur remplies !

 

La jeune fille acquiesça doucement. Alors qu'elle commençait à s'entreprendre à ramasser les bouteilles, elle nota sa mère ne rien faire. En effet, elle ouvrait son sac à main de marque, sortit un briquet et une cigarette. La plaçant entre ses lèvres, elle dû actionner à plusieurs reprises sur son allume feu pour pouvoir fumer son joint. Le bout du papier devint rouge, de la fumée y ressortait, avec cette odeur d'herbe assez étrange qui dérangeait légèrement Hoshi. Sans lui transmettre quoi que ce soit, la lycéenne baissa ses yeux, récolta tout ce qui traînait et dû faire plusieurs aller-retour, seule, contrainte de s'occuper d'une tâche ménagère, à peine rentrée. À l'intérieur, des sacs poubelles non fermées. Avec un soupir désespéré, la brunette se chargea de tout redescendre également, sans le soutien de sa mère.

Ceci terminé, une fois à l'intérieur, une forte odeur d'alcool mêlé à de la transpiration persistait dans les lieux. Hoshi se pinça le nez et, après s'être déchaussé à l'entrée, elle vint tout aérer rapidement. L'air frais lui permit de respirer un bon coup. La porte d'entrée se refermait, sa mère, retirait ses talons et écrasa son mégot dans le cendrier placé sur le meuble de bois, juste à coté de la porte.

 

— Aaah, j'espère qu'il s'est bougé pour faire les courses, je suis crevé moi.

 

Sage, la lycéenne laissait sa mère se plaindre. Dans les normes, ce serait plus elle qui devrait piquer des crises d'adolescences. Or, elle n'avait jamais eu l'occasion de faire. Tout simplement parce qu'elle n'avait pas le droit. Ses parents étaient assez stricts à ce sujet. Les yeux baissés, Hoshi se déplaça en direction de la cuisine, ouvrit le frigo, en quête de se trouver un quelque chose à grignoter ou boire. Depuis le salon, elle entendit sa mère :

 

— Ne mange pas trop ! Ce soir ce sera du poisson grillé !

— Oui !

 

Les yeux baissés, la brune extirpa du frigo une barre chocolatée et ouvrit l'emballage. Elle croqua directement dans le chocolat, jeta l'emballage dans la poubelle vide de la cuisine avant de refermer derrière elle le frigo. Dessus, seulement trois photos. La première, datait quand elle avait trois ans. Ses parents étaient tous deux souriant avec elle dans les bras du père, derrière au fond, un zoo. La seconde, était quand elle avait cinq ans, Hoshi était dans un costume de Blanche-Neige, pour la fête de l'école, sa mère et son père derrière elle qui faisaient un signe de peace avec leurs doigts. La dernière, était son entrée collège. Il n'y avait seulement que sa mère présente sur la photo. Le temps changeait drôlement vite.

Soudain, un grésillement. L'adolescente sursauta puis se calma après avoir entendu des voix normales. La télévision s'était allumée, sa mère regardait, assise sur le coussin, près de la table basse du salon. Hésitante, en trifouillant un peu la jupe de sa robe, Hoshi avança vers elle seulement après avoir engloutit sa barre chocolaté. Qui n'avait pas suffit à adoucir sa boule de stress au ventre.

 

— Maman... ?

— Hmm. Oui.

 

Elle ne s'était pas daignée à se tourner ne serait-ce que un degré dans sa direction.

 

— J'ai revu Isogi.

— Ton ami imaginaire ?

 

Hoshi se raidit et pâlit, horrifiée des propos de sa propre génitrice.

 

— Ce n'est pas vrai ! Il existe vraiment ! Il a grandit et_...

— Je n'ai jamais eu l'occasion de rencontrer sa mère, s'il avait déménagé, il aurait pu te laisser son numéro. Lui éclaira t-elle, d'une voix fade.

— C'est parce qu'il a souvent des soucis chez lui et...

— D'accord, d'accord, d'accord. Arrête de faire un scandale. Ramène-le ici la prochaine fois, sans que ton père soit là. Depuis le temps que tu me parlais de lui.

 

La jeune fille se mordit les lèvres et fixa sa mère.

 

— Et aujourd'hui je me suis fait un nouvel ami.

— Super nouvelle. Dit-elle simplement, pas enchanté pour son enfant. J'espère qu'il travaille bien.

 

Intérieurement, Hoshi pouffait. Elle levait ses yeux au plafond. Si elle savait qu'il s'agissait d'un esprit ! Elle risquerait de tomber de haut, de la regarder avec choc. Qui sait, elle pourrait même jusqu'à la secouer, paniquer pour elle. Mais non, ces scénarios là ne se réaliseront pas. Du moins, plus aujourd'hui, depuis que sa mère et son père ont divorcé... Ce rappel laissait un goût amer pour la jeune fille. C'était encore tout frais dans sa mémoire. Apparemment, il avait commis un adultère. Ça ne s'était pas très bien passé et au lieu de déposer une plainte, il y avait une demande de divorce.

Puis vint un nouveau départ. Étant donné qu'il n'était pas obligatoire de donner une pension alimentaire, la mère qui avait la garde absolue de sa fille, sombra un peu plus. Elle n'avait aucune envie de faire appel à la justice. De plus, c'était trop tard. Toutes deux furent obligées de vendre la maison pour se retrouver dans un petit appartement. Le salaire des femmes, étant inférieur à celui des hommes, la femme était au bord du gouffre. Alors qu'on lui avait prévenu, tant bien que de mal que le divorce ne pourrait pas aider dans la vie quotidienne, elle n'en avait fait que à sa tête. Entre les taxes, les frais des courses, du gasoil et les frais scolaires de sa fille, tout était limite. Le pire dans tout cela, était que l'ex-époux envoyait mille cinq cent yens à sa fille uniquement pour son anniversaire. Rien d'autre. Pas d'appel, ni de lettre.

Aujourd'hui, elles vivaient sous le même toit qu'un homme, qui est devenu le beau-père de la jeune fille. Au début, tout se portait bien, jusqu'il vienne s'installer ici. Comme quoi, derrière des facettes, il y avait un nouveau personnage. Pas attachant, détestable. Son addiction pour l'alcool ne résout rien et il s'y noyait, devenait agressif, impatient et hautain. Encore heureux, il travaillait aussi, au moyen il partageait un minimum l'argent pour entretenir les frais du loyer. Même si l'ambiance n'était pas top, ils arrivaient à s'en sortir et n'étaient pas endettés. Il y avait toujours pire, pas vrai ?

 

— Il est plus âgé que moi. Se contenta t-elle de lui transmettre.

— Un senpai hein ? C'est bien, il pourrait t'aider à remonter tes notes.

 

Encore et toujours la même engraine ; les notes scolaires. Hoshi faisait de son mieux, elle l'avait toujours fait, mais c'était toujours insuffisant. Ce n'était pas avec ça qu'elle se sentirait mieux. D'ailleurs, pour justifier ses propos, elle utilisait « Comme ça, tu auras une bonne université où aller et ensuite, un travail qui te paiera bien ! ».

Une coutume très importante au Japon. Si on excellait, on était bien vu et les parents avec. Hoshi se fichait de ça. Les leçons étaient ennuyeux, il y avait bien plus important que l'argent et les notes. Elle pouvait très bien vivre à fond l'instant présent, rire insouciamment avec d'autres personnes de son âge, se balader, se permettre d'aller manger dans des fast-food, faire du karaoké, du shopping entre amis...

 

— Au fait, j'ai la flemme de faire ton bento ce soir. Mange au réfectoire demain. Je te donnerais un peu de monnaie. Ne te fais pas trop de folie !

 

Toujours entre la cuisine et le salon, le soleil s'était définitivement couché, les ombres commençaient à gagner du terrain un peu plus. La pièce principale avait un peu de lumière tamisé avec la suspension carrée accrochée au plafond, ceci suffisait amplement pour ne pas trop aveugler. D'un sourire tordu, forcé, Hoshi de la tête et se dirigea vers la chambre, en écartant la porte coulissante.

Un grand futon occupait une grande partie de la pièce, avec un grand armoire. Oui, ils dormaient tous les trois ensembles. Et dire que d'autres avaient la chance d'avoir une propre chambre, isolée et décorée... comment ne pas être jaloux ? La jeune fille vint poser son sac, attrapa son pyjama propre dans l'armoire, plus sur la droite, coté de la fenêtre. Elle s'empressa d'aller dans la salle de bain, juste en face de la chambre. Le volume de la télévision était forte, ce qui laissait presque sous-entendre que sa mère était sourde. Ce qui n'était pas le cas. Elle voulait juste du silence, rester dans sa bulle.

La salle de bain n'était composée que du stricte minimum, avec une petite superficie inférieure à dix mètres carrée ; une baignoire, avec une douchette juste au-dessus, un petit tapis anti glissade. Juste à coté, un petit tabouret. Parallèlement, un lavabo, au-dessus, un miroir, une machine à laver se trouvait à disposition juste à coté, une corbeille à linge coté de la porte, une petite poubelle juste en dessous d'une étagère fermée. Dedans, plusieurs serviettes. Hoshi referma la porte derrière elle, s'entreprit pour se déshabiller et alluma l'eau de la baignoire. Une fenêtre en PVC était située au-dessus du bain, fermée, petite, suffisamment pour que personne n'espionne de loin. La brunette s'installa doucement dans l'eau chaude. De suite, ses muscles se détendirent et immédiatement, trouva du calme.

Ses pensées se tournèrent assez vite vers Hanako. Elle avait été culotté d'avoir arrangé leur contrat, de sorte qu'elle puisse rester le plus longtemps avec lui. Il semblait surprit et à la fois touché. Devenir ami avec un esprit, comme c'était excitant ! Et dire qu'on ne trouvait ça quand des romans fictifs, à l'eau de rose ! Toute souriante, Hoshi plaça ses mains devant elle, les paumes vers le ciel, observant silencieusement le liquide transparent venir émerger sa peau. C'était sans doute le seul endroit où elle pouvait se reposer sans rien se soucier ; le bain. Alors qu'elle s'apprêtait son shampoing favoris, qu'elle en versa dans sa main et qu'elle lavait ses cheveux, son regard s'attarda vers le miroir.

Il faisait frais, étrangement, alors que l'eau chaude se s'évaporait dans l'air, curieux. Ce n'était pourtant pas une saison froide. Les yeux de la jeune fille s'écarquillèrent avec ce qu'elle remarquait de loin. De la buée avait capturé la glace. Et pourtant, il y avait un message laissé dessus, en kanji.

« Es-tu heureuse ? »

Hoshi cligna plusieurs fois des yeux, se demandant si ce n'était pas un fruit de son imagination qui lui jouait les tours. Elle soupira, se déstressant de la situation assez étrange.

 

— Je ne crois pas...

 

A qui parlait-elle ? Un petit rire lui échappa. Vraiment, la jeune fille avait besoin de se sentir plus stable que ça. De repos, de calme, de confort. Dès qu'elle rouvrit ses yeux, elle s'étonna de voir que le message avait changé.

« Si tu mourais, serais-tu heureuse ? »

Le visage de sa jeune fille se décomposa et sa couleur naturelle dériva. Blême, un frisson désagréable lui parcourait tout son échine. Dans un élan apeuré, non seulement, elle poussa un cri horrifié, mais elle se leva du bain, se couvrit de ses bras, ses cheveux détachés, longeaient, lisses, mousseux, jusqu'à ses épaules. Son rythme cardiaque s'affolait brutalement et elle peinait à respirer.

Elle n'hallucinait pas.

 

— Qui est là ?!

 

Hanako ne pouvait pas aller au-delà de l'école. Autrement dit, elle avait affaire à quelqu'un d'autre. Angoissée, elle tremblait comme une feuille. L'adolescente avait éclaboussée le sol suite à son geste précipité. Petit à petit, elle commençait enfin à se calmer. Plus rien de anormal se produisait. Il n'y avait juste que le silence, mis à part les battements de son coeur et le son de l'eau. Toujours pas complètement remise de ses émotions, - et surtout pas rassurée de rester plus longtemps ici –, Hoshi s'empressa de terminer son bain.

Le reste de la soirée se déroulait rapidement. Au final, la mère s'était forcée à cuisiner un peu, laissant sa fille regarder la télévision. Il s'agissait notamment d'une série Magical Girl, des filles avec des supers-pouvoirs, combattant contre le mal... Un genre gentil sans prise de tête. Après un bon repas entre elles, une fois avoir fait la vaisselle, avoir prit l'argent que sa mère avoir donné, Hoshi se dirigea au bon moment dans la chambre. Au retour du beau père, il était bourré. Le visage rouge, son nez avec, il se mettait à gueuler des choses insensées, il rabaissait sa femme qui répliquait à son tour. L'atmosphère qui était calme plus tôt avait dégénéré. Pressant le pas, la brunette se hâta d'aller se cacher sous la couette, subissant, écoutant tout cette violence qui se déroulait à coté.

Comme convenu, au lendemain, la jeune fille se réveilla plus tôt que d'habitude. Elle veilla à ne réveiller personne, après avoir prit son uniforme. Sa mère dormait au milieu, avec un masque pour couvrir ses yeux. Le beau père dormait avec son caleçon à rayures, une jambe dehors de la couette, dans une position absurde. De la bave coulait depuis la commissure de ses lèvres. Il ronflait d'ailleurs, comme toujours. Avec un soupir, Hoshi quitta la pièce, se changea dans la salle de bain, fit sa petite toilette rapide, alla ensuite prendre un déjeuner. Fin prête, la brunette sortit de chez elle. Une fois avoir quitté l'immeuble, pour mieux s'éveiller, elle s'imaginait avoir des personnes intéressées pour rejoindre l'ouverture du nouveau club, dont elle sera la gérante même.

De bonne humeur, elle se dirigeait donc vers le lycée Kamome. Intérieurement, Hoshi se demandait si Hanako l'accueillerait avec le sourire. Probablement ! Elle accélérait le pas, marchait sur les pétales de sakura qui étaient sur le chemin. À l'intérieur, la première chose qu'elle voulait voir était son affiche. Son sourire s'effaçait d'un coup et l'effet d'une douche froide l'assaillit.

Souillé. Dégradé. Salie. Quelqu'un s'était amusé à foutre en l'air son travail. On avait déchiré une partie de son dessin. Au marqueur, était rédigé des moqueries, insultes. Ou alors on s'était amusé à pointer au feutre que son « art » était pourri tout comme la personne qui avait fait ça. Sous le choc, l'adolescente demeurait silencieuse. Elle restait stoïque, les yeux exorbités. Son coeur était en miette. Sa première pensée fut un « Ce n'est pas juste. ». Dégoûtée, Hoshi baissa la tête. Soudain, une main se posa sur son épaule, l'incitant à se redresser et considérer la personne. Étonnée, elle vit Isogi, qui la regardait, concerné et inquiet.

 

— C'est toi qui a fait cette affiche pour que tu sois aussi choqué ? L'interrogea t-il.

 

Le timbre de sa voix démontrait clairement qu'il était troublé. Rien à voir avec son comportement de hier. Hoshi se mordit la lèvre et opina tristement. Elle avoua à son ami d'enfance, la voix cassée :

 

— Oui...

— Tu aimes toujours autant les étoiles toi.

 

Il soupira et passa une main derrière son crâne, gêné.

 

— Désolé pour hier, je me suis emporté. Je n'aurais pas dû me montrer si hostile avec toi.

 

Il était sincère et vraiment désolé. Il la regardait tristement, culpabilisant pour avoir été si méchant avec son amie d'enfance. Hoshi écoutait silencieusement puis souriait doucement, lui pardonnant facilement. Elle ne pouvait pas le détester. Il avait sans doute ses raisons et puis, elle aussi était en tord. À la rentrée, la brunette n'avait jamais regardé autour d'elle et l'aurait pu le croiser plus tôt. Égoïstement, elle l'avait ignoré. Ce n'était pas quelque chose à faire pour un ami.

Ce qui venait en conclusion qu'elle s'était fait – refait – un ami. Risquait-elle de perdre Hanako ? Et si elle gardait le silence, elle pourrait prolonger leur contrat ? Hoshi grimaçait, absolument pas enchanté de devoir se séparer de lui si vite.

 

— N'empêche, ce sont de vraies garces...

— Qui ?

— Celles qui ont fait ça.

 

La lycéenne fronça des sourcils. Il avait utilisé du féminin. Il savait.

 

— Qui ? Insista t-elle plus durement, ne voulant pas laisser passer ça.

— Ben, j'ai vu trois filles ricaner, avec des marqueurs en main. Elles parlaient d'humilier quelqu'un pour se venger... fin', je n'ai écouté qu'une partie, j'arrivais tout juste avec mes potes. Lui éclaircit t-il en passant une main sur sa nuque.

— Est-ce que.. l'une d'elle avait des bijoux, du maquillage et aussi sur ses ongles ? Décrivit Hoshi en faisant des gestes pour désigner de ce qu'elle parlait. De longs cheveux très lisses ?

— Ouais, c'est ça ! Elle avait un rire d'âne d'ailleurs ! S'exclama Isogi en levant son index.

 

Inutile de enquêter plus loin, la coupable était facile à deviner. La brune n'avait pas assez d'informations sur comment ces filles ont su que c'était son travail. En tout cas, elles ont dû probablement interroger pas mal de personnes et dès qu'elles sont su que c'était elle, la fille du directeur avait profité pour mettre son grain de sel. Pour la cibler, juste parce qu'elle n'avait pas aimer sa remarque de hier. C'était fou de savoir à quel point la méchanceté dépassait les bornes. À son tour, Hoshi questionnait des élèves, pour rattraper ces furies.

Et vraiment, comme par hasard, elles étaient devant les toilettes de l'ancien bâtiment, devant ces toilettes absolument pas fréquentées. Submergée par l'indignation, Hoshi serra ses poings et prit sur elle, dès qu'elle emboîtait le pas, direction du trio.

 

— Et genre tu vois cette folle ? Elle m'a insulté gratos, comme si elle se croyait au-dessus de moi ! Alors en plus c'est une tarée d'occulte, mais apparemment elle est allée ici seule.

— Mais... y a pas de fantômes qui grouillent ici ? S'enquit une peureuse, pas rassurée.

— Les fantômes n'existent pas ! Arrête de faire ta chocotte ! Lui gronda sévèrement la blonde.

— Hé bien si, ils existent. D'ailleurs, il aimerait avoir plus de calme que plutôt d'entendre vos langues de vipères. Les interrompit Hoshi, sur un ton ferme.

 

Toutes s'étonnèrent de la voir ici présente, les bras croisés. Elle se voulait être intimidante, bien qu'au fond d'elle, la brunette ne se sentait pas à l'aise. Elle n'aimait vraiment pas se la jouer comme ça. D'un coup, le trio se mit à rigoler, de manière désagréable et méchante. Leur réaction ne fit que poignarder davantage le coeur de la jeune fille, ses yeux verts exprimaient clairement à quel point elle était affectée, qu'elle n'aimait pas cette situation.

La meneuse du groupe réduisit la distance qui les séparaient, sa démarche était un peu trop présomptueuse, à un point que Hoshi aurait aimé exploser de rire, tellement elle se s'exposait ridiculement. La blonde balança en arrière sa mèche blonde, soignée et lisse.

 

— Répète donc ? Qu'est-ce qu'une naine comme toi pourrait me faire ? Me lancer un sort ? Ou attend, appeler un fantôme pour me faire partir ? Ahah !

 

Encore un préjugé sur sa petite taille. Hoshi serra ses poings et sa mâchoire se contracta. Un peu plus tendue, sur les nerfs, la brune parvint à lâcher un :

 

— Ne te moque pas de mon ami, s'il te plaît.

 

En temps normal, elle aurait gardé le silence. C'était ce qu'elle faisait avec ses propres camarades de classe. Avec cette peste ? Pas question de se laisser marcher dessus. Un flash lui traversait l'esprit. Elle se revoyait petite, dans l'école primaire. Elle était en train de faire la balançoire avec Isogi, lui l'aidait à la pousser, pour qu'elle puisse prendre plus d'élan. Ses courts cheveux bruns flottaient au rythme du vent et attentive, Hoshi écoutait les conseils de son ami. « Si quelqu'un se montre vraiment méchant avec toi, ne te laisse pas faire ! C'est en ne disant rien qu'après tu peux devenir la cible des hyènes ! ».

Il trouvait toujours les justes mots. Isogi s'était toujours tenu à ses cotés, à l'encourager, à lui souffler les mots pour qu'elle puisse avoir du courage. Jusqu'à présent, en dehors de sa famille, jamais ni personne ne s'en était prit à elle de cette manière. Les rires moqueurs n'augmentaient que davantage sa colère. La coquille éclata.

 

— J'ai dit, arrêtez de vous moquez de mon ami ! Vous n'avez pas le droit de rire de lui ! Il est plus intelligent, plus mature que vous ! Et vous devriez avoir honte d'avoir saccagé mon travail !!

 

Si Hoshi avait été seule, elle n'aurait jamais mit tout son coeur. Jamais elle ne se serait montré si positive. La présence de Hanako avait été un véritable pansement pour son organe. Son attention, ses regards, sa gentillesse l'avait profondément touché. Il lui avait redonné de l'espoir, en seulement quelques heures. Après avoir explosé, la jeune fille avait la tête baissée, haletait, le dos courbé. Elle se sentait plus légère, après avoir tout déballé. Ses oreilles bourdonnaient anormalement et sentait les larmes monter aux yeux. Des pas se rapprocher. L'ombre de la blonde bougeait, signalant qu'elle allait la saisir par les cheveux.

Soudain, la porte derrière elle, s'ouvrit dans un fracas audible. Toutes sursautèrent, devinrent livides. Hoshi, releva lentement sa tête, aussi surprise par ce qu'elle venait d'assister. Un vent glacial s'échappait des toilettes et de suite, la plus peureuse glapit et prit ses jambes à son cou, rejoint par la deuxième. La blonde trembla également, complètement sidérée par ce qu'elle venait de voir. La brune esquissa un sourire, voulant saisir cette opportunité.

 

— Au fait, tu as raison. Je peux maudire. Comme j'ai invoqué un esprit.

— Put-... !

 

Convaincue, son agresseuse s'éloigna d'elle, fuit ensuite dans les secondes qui précédaient. Hoshi se redressa, les observant s'éloigner, admettant leurs défaites.

 

— Enfin ! S'exclama Hanako, dans un soupir. Les entendre roucouler de choses ennuyeuses m'agaçait.

 

La brune se tourna, le jaugea. Hanako avait les pieds sur terre, arborait une grimace tout en redressant sa casquette. Ses orbes ambrés dérivèrent sur son amie et de suite, un large sourire illumina son visage. En un instant, il s'était adoucit.

 

— Bonjour Kioshi-san !

 

Les pupilles de l'adolescente brillaient. Ses joues chauffèrent et son coeur palpita plus vite que habituellement. Son sourire était contagieux. En l'espace de quelques secondes, Hoshi lui retourna son sourire, rayonnante.

 

— Bonjour Hanako !