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Par Anonyme, le 07.02.2026

hello, c'est l'anime "nagi no asukara" ; de la romance - tranche de vie - un peu de thème sur les "sirènes" :)
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One Shot n°1 -The Promised Neverland

Publié le 24/03/2019 à 15:06 par reve-of-manga
One Shot n°1 -The Promised Neverland

Titre : Bad End

Auteur : Lily Sawaka

/!\ Spoilers du premier arc du manga ! Sous une autre fin alternative !

/!\ Thèmes matures tels que mutilation, dépression et torture et suicide!  

++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++

 

« Norman, Ray ... »

 

L’odeur aromatique que diffusait son café chatouillait les narines de la jeune femme assise dans son bureau, éclairé seulement d’une petite bougie à l’intérieur d’une lanterne. Des papiers étaient entreposés en désordre sur son bureau. Certains, avaient plusieurs gribouillis, comme si la personne cherchait à cacher des preuves.

 

« Voilà maintenant plus de dix ans que je suis seule, sans vous. »

 

De ses yeux vert, sans le moindre reflet, la jeune femme observait sa tasse avec une profonde tristesse. Vêtue de la robe noire et du tablier blanc que possédait autrefois sa mère, la femme laissa couler quelques larmes sur ses joues pâles.

Au quinze janvier, deux mille trente-quatre, à l’anniversaire des douze ans de son meilleur ami Ray, alors qu’ils convoitaient leur évasion de Grace Fields House. Tous ont échoués. Tout ce qu’ils avaient prévus, notamment les cordes, Isabella les avaient récupérés en pleine nuit, les confisquant. Ray fut contraint d’être donné aux démons.

N’ayant pas trouvé de meilleure solution, il s’est suicidé dans les flammes. Malheureusement, sa mère n’avait pu le sauver. Mais déjà, elle avait réussi à éteindre les flammes, sous le désespoir de Emma, seulement âgée de onze ans. Tout ses espoirs se sont finalement éteints et sa détermination pour sauver tout le monde aussi.

La rousse était seule. Son mal-être, sa volonté de fuir avec les autres étaient tombés dans le néant. Les mois défilaient. Le temps s’était comme arrêté pour la fillette. Gilda et Don avaient tout essayés pour la remonter, avec l’aide de Phil, Anna et des autres orphelins. Mais rien ne fonctionna.

Tout produits dangereux étaient désormais interdits d’accès.

 

« - Tu sais Emma. Je tiens toujours à ma proposition. De te recommander aux supérieurs pour le poste de mère. Lui souffla sa mère, assise sur le lit de la rousse qui était dans un état végétatif. »

 

Autrefois, Emma avait répliqué que jamais elle n’en deviendra une. Plutôt mourir que d’accepter cette offre. Juste parce que c’est une fille et en plus… toutes les horreurs que lui avaient racontés sœur Krone, elle pouvait les vivres. Et si la petite rousse répondait positivement à cette femme, qui n’était autre qu’une fermière qui traitait son bétail avec soin, cela reviendrait que Emma avait trahis ses amis, ses frères et sœurs.

Elle se mordit les lèvres, écoeurée. Son visage était pâle, des cernes étaient visibles sous ses yeux, démontrant que ses sommeils ne duraient pas. Ses yeux étaient humides et rouge. Sa gorge était nouée et ses poumons en feux. La fillette n’arrivait pas du tout à se calmer, à rejouer la comédie avec perfection. Ses émotions, son visage et son pouls, qu’elle arrivait à neutraliser à la perfection pour tromper sa mère, étaient maintenant inutiles.

Parce qu’elle était seule.

Le sourire aux lèvres, Isabella glissa délicatement sa main sur la joue de la rousse.

 

« - Tu veux survivre ou mourir ?

- Mourir. »

 

Une réponse directe, sans la moindre hésitation et la voix enrouée. La noiraude au chignon serra des dents, ses sourcils se froncèrent. Ce n’était pas du tout ce qu’elle s’attendait. Alors, pour lui faire comprendre son point de vue, Isabella recommença à lui parler de son enfance. De ce qu’elle avait vécu jusqu’ici, en précisant cela ;

 

« - Parce que Leslie aurait aimé que je reste en vie. Sa chanson… m’a conduit jusqu’ici, m’a redonné courage. Et je vis pour lui. Et il est en moi… Le monde est injuste Emma. Mais nous ne pouvons rien faire. »

 

La rousse serra des dents. Elle ne pouvait pas la comprendre du tout. C’était différent. Ils approchaient de la liberté ! Ils ne voulaient pas devenir le repas des démons ! C’était même un enfers ! Certains mouraient trop jeunes ! Ils n’avaient pas de vie !

A quoi bon de devenir une « Maman » si c’est pour permettre avoir plus de temps pour vivre ?! Avec la conscience que des innocents mourront dans peu de temps ? En quoi pouvait-elle sourire ? Il n’y avait rien de glorieux !

Ce sentant soudainement nauséeuse, Emma plaqua sa main sur sa bouche, retenant un vomis depuis sa trachée. Une fois que cela fut passée, elle trembla et s’enroula de ses bras, tremblante et haletante. Personne ne devrait subir cette torture quotidiennement… sauf si l’individu était se fichait éperdument des autres.

En tant que rôle de mère, même si elle paraissait cruelle aux yeux de la petite, la noiraude se pencha puis posa sa main sur les cheveux courts de la fillette. Isabella ajouta quelque chose :

 

« - Tu peux toujours essayer… de commettre l’irréparable. Si tu fais ça, que deviendront Gilda, Don, Anna et les autres que tu chéries tant ? Imagine, si tu deviens mère à temps, tu pourrais encore sauver les plus jeunes...

- Comment ? Tu n’as rien fait pour nous protéger ! Tu nous as vendus ! Et Ray s’est donné la mort par ta faute ! S’égosilla Emma, désemparée.

- … On aurait pu trouver un arrangement avec Ray. »

 

Mensonge. Le seul qui les avaient véritablement aidés était William Minerva. Le reste, c’était leur évasion. Ils avaient tout calculé. Entre Norman et Ray, leur QI était incroyablement élevé. Si ils auraient été là encore, les deux garçons auraient dévisagés la femme, déterminés comme jamais. Pour ne pas finir comme les autres bétails.

Norman s’était sacrifié pour que leur évasion soit un succès. Ray avait tout planifié pour que tous s’en sorte indemne… Le soir de son anniversaire, il s’est prit feu, en murmurant un « Adieu Emma. Prend soin de toi, enfuis-toi avec les autres. Tu peux le faire. ». Malgré tout… c’était beaucoup trop difficile. Tout avait été plus cadré, plus surveillé…. Et son mental en avait prit un coup. La rousse ferma ses yeux, les mains serrés.

Peut-être qu’ils voulaient qu’elle vive… Mais sans eux, c’était plus dur. Pour couronner le tout, Gilda perdait espoir et Don devenait complètement fou, ne tenait plus en place et se creusait les méninges, au point de s’en rendre malade pour trouver une autre solution pour s’évader.

Isabella se leva, légèrement désolé pour sa fille. En réalité, elle tenait énormément à elle. Non seulement s’était l’une des meilleures avec les deux autres garçons, avec les meilleurs résultats en notes, plus en agilité. Si elle le pouvait, la femme voudrait qu’elle vive encore. Emma avait du potentiel. Elle ne devrait pas le gâcher.

Le jour suivant, Gilda était venue voir sa meilleure amie. La soutenant comme elle le pouvait et lui avait sortit le même prétexte que leur mère. Si c’était le seul moyen de rester encore vivante, probablement elles pourraient même aider la future génération.

Le dix Mars, Emma avait cessé de lutter. Elle avait acceptée de se vendre auprès de sa mère.

 

« - Enchanté de faire ta connaissance, matricule 63194. Isabella m’a beaucoup parlé de toi. »

 

Une étrange femme était devant la fillette qui portait enfin autre chose que du blanc sur elle. Mitigé entre la confusion et la peur, Emma entendit sa mère lui souffler à l’oreille un « Bon courage, je t’aime. ». Etait-ce sincère ou un mensonge ? De ses yeux vert, la rousse se plongeait dans les orbes violette de la noiraude qui souriait, toujours voilé d’un masque.

Entraîné dans un petit labyrinthe, Emma s’achemina dans l’obscurité, n’entendant que le bruit de ses pas ainsi de sa formatrice. Son coeur se serrait. Où allait-on la placer ? Qu’est-ce qui l’attendrait au bout de ce tunnel ? Pour une question rhétorique, c’était presque ironique. Bien sur qu’elle savait en partie ce qui allait lui arriver. Ce qu’on allait lui faire subir. Des sueurs froides coulaient sur sa peau tandis qu’elle serrait ses poings, la tête baissée. Elle marchait, comme une condamnée à mort, n’ayant autre choix que de mourir.

 

« - Je te présente les autres comme toi. A partir de maintenant, seule la survie comptera pour toi. Si tu veux devenir une maman. »

 

Face à elles, plusieurs jeunes filles, en blanc. Toutes dévisageaient la nouvelle, toutes dures et motivées comme jamais. Cette atmosphère sût tressaillir la rousse, sentant plusieurs violents spasmes parcourir tout son corps. Pourquoi avaient toutes un air aussi désagréables ? Pourquoi ne semblaient-elles toutes pas sympathiques ? N’avaient-elles pas le moindre compassion ou même autre sentiment qui serait lui faire comprendre qu’elle n’était pas la seule à avoir peur ?

C’était plus fort qu’elle, Emma s’exclama, écartant ses bras, oubliant son bagage, qui ne comportait rien d’autre que la photo qu’avait prise Ray avec elle et Norman. Son unique et précieux souvenir, en plus de l’album photo de tous ceux de Grace Fields.

 

« - Pourquoi vous avez l’air aussi dérangés ?!! Nous ne sommes pas des ennemis ! Nous sommes toutes des semblables !! »

 

Son extrovertie était l’une de ses principales qualités chez elle. La rousse n’irait pas passer par quatre chemins. Et qui sait, peut-être pouvait-elle allier toutes ici ? Ainsi, elles pourraient se lutter contre les démons ! Et libérer les autres…

Une vague d’éclats de rire se manifesta dans les rangs, dans la pièce spacieuse. Assistant à cela, Emma se prit comme une gifle monumentale. Personne ne comptait s’unir ou s’allier. L’importance ici, était de se solidifier et ne penser qu’à soi même. Les autres n’existaient pas…

Seule leur existence importait.

Tirée de force par sa formatrice qui l’enguirlandait pour avoir fait la clown devant les autres, elle lui expliqua à la va-vite les règles ici, lui rajoutant que l’amitié, la famille n’avait pas lieu ici. Après avoir arpenté le long du couloir, deux portes magnétisées s’ouvrirent après que la formatrice avait tapoté le code sur un petit écran à coté. Emma fut poussée à l’intérieur, la laissant à elle même auprès d’individus qui semblaient être des médecins à vue d’oeil. Tous portaient un masque bleu, une combinaison bleu. Ils la considéraient puis un attrapa un blouson gris, lui tendit à la fillette qui écarquillait ses yeux, se rappelant de la cicatrice de sœur Krone.

Tremblante, les foudroyant du regard, Emma leur gueula :

 

« - Ne m’approchez pas ! Vous ne me foutrez pas de puce électronique !!!!

- Tu es au courant ? ...Intéressant. Murmura l’un des médecins en s’approchant.

- ELOIGNEZ-VOUS ! »

 

La porte derrière elle ne se daignait d’ouvrir. La rousse, alertée et à la fois combative, se précipita jusqu’à un chariot, possédant plusieurs scalpels et autres instruments de médecines. En dépit de sa force physique, la fillette avait une bonne vitesse et agilité, hors du commun. Evitant les mains gantées de tous, la rousse attrapa le petit couteau, posa sa bottine marron derrière la roue du chariot, près d’elle. Haletante, le regard haineux porté sur tous, Emma ne céda rien.

Elle n’avait jamais tué personne, ni même blessé qui que ce soit. Toutefois, ici, c’était de la légitime défense… Ici, une odeur de sang empestait la salle, en plus des produits chimiques. Ca lui donnait presque la nausée.

Norman, Ray, je ne me laisserais pas faire.

Autant qu’on me tue sur place,

je refuse de devenir ce qu’ils veulent de moi.

Dès que un approchait, lui ordonnant de calmer sa crise d’adolescente, la jeune fille lui jeta un ciseau de chirurgie, lui hurlant de reculer, les dents serrées. Elle refusait de perdre ici. Et elle avait l’impression que derrière elle, Norman et Ray lui souriaient fièrement, l’épaulant avec leur main sur les siennes.

Le garçon aux cheveux blanc et aux yeux bleu lui montra du doigt un des chirurgiens d’un air sérieux qu’il fallait l’éloigner, puisqu’il avait en main une seringue. L’autre garçon, aux cheveux noirauds et a la mèche tombante sur un œil lui informa que c’était probablement du somnifère. Emma fronça des sourcils, attrapa une fiole contenant un étrange liquide, puis l’envoya sur la personne en question, qui se le prit, tomba en arrière, sur son post-antérieur.

Cherchant désespérément une issue de secourir, Emma balaya du regard tout ce qui lui pourrait être utile. Pas une table pour la chirurgie, les étagères remplies n’avaient rien d’utiles, des livres non plus, des chaises encore moins… La lumière éjectée au-dessus de la table en acier. Certaine que cela les éblouiront, la rousse pourra tapoter le code qu’elle avait bien retenue avec la formatrice.

Son intelligence, son savoir était aussi fascinant que ceux de Norman et Ray réunis. Ils étaient un trio parfait, qui se complétaient chacun avec leurs savoirs faire dans différents domaines. Ray était le savoir, Norman l’intelligence et Emma la force.

Avec suffisamment d’élan, la fillette piqua un sprint puis sauta assez haut pour attraper la lumière quand soudain, un bruit de fusil retentit dans la pièce. Quelque chose de pointue se planta sur le cou de la rousse, juste à coté de son numéro matricule en noir. Ses yeux vert se dilataient, difficilement, elle regarda ses deux précieux amis, qui criaient son nom, paniqués.

 

« Norman, Ray...les gars... »

 

Son corps tomba lourdement sur le sol glacial, le bruit de sa chute laissant un petit écho dans la salle de chirurgie. Les paupières de l’enfant s’étaient refermées et elle avait la bouche légèrement ouverte. Un des individus abaissa son arme en soupirant que son animation était terminé.

Profitant même qu’elle soit inconsciente, la personne la changea, l’allongea sur la table de soin pendant que les autres remettaient en place toutes les affaires. Rapidement, on l’ouvrait, pour lui fixer une puce électronique sur son coeur. Si elle serait hors pied de la zone autorisée, une décharge électrique aura lieu sur mon organe vital. La conséquence sera un arrêt cardiaque foudroyant, plus, cela émettra un signal d’alerte au QG des démons. Puis, on la cousu au-dessus de sa poitrine, lui laissant ainsi une cicatrice visible à jamais sur son corps, plus de son numéro de matricule.

Sans perdre d’avantage de temps, on avait mit la robe qu’avait toutes les autres filles, avant de placer la rousse dans sa chambre qui était moins de vingt mètre carré. Il lui fallut un moment avant de rouvrir péniblement ses yeux. La première chose qu’elle vit, était le plafond légèrement éclairé par une lanterne allumée. Emma ouvrit grand ses yeux, se rappelant ce qu’il lui ait arrivé, et se redressa vivement sur les coudes, tira le haut de sa robe pour regarder sa poitrine.

La vue lui brouilla ses yeux de larmes. Cette fois-ci, Emma était définitivement un pantin. Une poupée parmi d’autres. Ne pouvant contenir sa tristesse, son dégoût et sa rage, elle éclata en sanglots, recroquevillée sur son lit blanc tandis que toute la pièce était lugubre. C’était trop de pression. Et désormais, la rousse était seule, livrée à elle-même.

Etudier. Coudre. Le self-défense. Les premiers soins. Voilà son quotidien monotone et sans le moindre nouveauté. Même les repas qu’on lui fournissait étaient fades. Les jours défilaient. Personne ne se parlait, c’était le silence, mis à part les médecins, la formatrice qui étaient autorisés à échanger. Lors de ses temps libres, Emma était dans sa chambre, sur son lit, fatiguée et presque affaiblie. Elle ne pouvait même plus dégourdir ses jambes comme elle le faisait dans la forêt de Grace Fields pour jouer au loup avec ses frères et sœurs, ses amis et… Norman et Ray.

 

« - Je dois obtenir le poste de maman. Pour sortir de cet endroit… Je n’en peux plus… Se disait-elle à elle-même, regardant ses mains. »

 

C’était la seule option. Elle suffoquait dans ce QG, où on formait les filles pour devenir une mère. Pour être la prochaine fermière. Plus les jours passaient, les cheveux de Emma poussaient. Et elle ne se les coupaient pas pour une raison inconnue. A ses quinze ans, en pleine séance de couture, cette fois-ci sur un chemisier blanc de taille M, la rousse se prit l’aiguille maladroitement sur son doigt, la faisant grimacer. Un œil se ferma à la douleur puis la rouvrit, observant quelques gouttes rouge s’assembler puis quitter son index.

Son sang tombait doucement sur le plancher. De ses yeux vert, elle les plissaient en réfléchissant légèrement.

 

« - Hé bien, que fais-tu ? On rêvasse ? L’apostropha sa formatrice sur un ton glacial.

- ...Non madame. Je reprends immédiatement. Lui répondit poliment Emma qui reprit son travail, cachant son doigt blessé et la goutte de sang avec sa botte à talon.

- Très bien, que je ne te reprenne plus ! »

 

Une fois éloignée, après avoir bien écouté le bruit de ses pas, Emma décida de garder son aiguille à la fin du cours. De retour à sa chambre, elle regardait l’instrument de ses désirs avec attention. On la prendrait probablement pour une folle, pour une cinglée, mais la rousse avait besoin de s’échapper à la réalité.

A cette abysse, comportant les cadavres de ceux qu’elle chérissait tant derrière elle, les yeux rivés sur elle, n’ayant plus d’âmes. La fleur rouge, suspendue en hauteur, qui lui avait ôté la vie de tous.

Appuyant sur l’aiguille argentée après avoir soulevé sa manche, elle traça un chiffre sur sa peau. La douleur lui lancinait, cependant, Emma se focalisait sur ce qu’elle faisait. La date du départ de Norman. Puis celui de Ray. Quelques larmes se mélangeaient avec son sang. Une fois s’être mutilée, elle appuya de son autre main son propre sang, pour limiter les tâches au sol. Si quelqu’un s’apercevait de quelque chose, elle serait mise sous examen médical. On lui bombarderait de médicaments. De sales choses qui seraient nocifs pour elle. Qui l’aiderait à devenir quelqu’un d’autre qu’elle n’était pas.

La solitude la rendait malade. C’était fou de se dire qu’en se mutilant, tout ses heureux souvenirs lui remontaient à la surface. C’était presque devenu additif. C’était sa vitamine. Elle pouvait re-visionner les visages chaleureux de tous. Les paroles réconfortantes de Norman, les petites claques au crâne que lui fichait Ray de manière affectif… Tout lui semblait encore présent. Et cela l’aidait à tomber dans un profond sommeil, le sourire presque rassuré de savoir qu’elle ne pourrait pas les oublier.

Le jour suivant, pendant le self-défense, Emma mit à terre une métis. Sa manche se souleva légèrement avec la pression de l’air, laissant à découvert ses cicatrices. L’adolescente à terre écarquilla ses yeux.

 

« - Tu… te mutiles ?

- … ! Je ne… ! »

 

Tous les regards se sont tournés sur les deux filles. Emma resta stoïque puis afficha un sourire enfantin, innocente.

 

« - Pas du tout ! Tu as dû rêver, voyons !

- Je te jure, tu en as sur ton bras gauche… Insista la métis, se redressant sur les coudes sur le tatami réservé pour les combats.

- Et moi je te dis que tu hallucines ! Lui persuada Emma, l’empêchant de la regarder, les mains sur ses épaules.

- NE ME TOUCHE PAS, ESPECE DE FOLLE ! Lui vociféra l’adolescente, giflant violemment sa main. »

 

La rousse écarquilla ses yeux vert et fronça des sourcils. La métis avait un sale tempérament et était obstinée à ce qu’elle se fasse éjectée de la formation. Bien d’autres avaient été excluent, tandis que d’autres – si leurs notes étaient élevées – étaient infestées de médicaments.

Alors qu’elles se bagarraient entre elles, la formatrice débarqua, énervée, les écartaient, ordonnant la raison de cette bêtise. Toutes ciblèrent Emma, sans pitié. Pourquoi avaient toutes une dent contre elle ? La rousse fut très vite emmenée de force jusqu’au bureau de la formatrice.  

Debout, face à elle, qui était assise, les doigts joints, le regard noir, l’atmosphère était lourde. Les clic et clac de l’horloge accroché au mur stressait légèrement l’adolescente qui sût parfaitement garder son sang-froid, faisant face à cette femme. Le grand méchant loup à ses yeux.

 

« - Décidément, tu n’es pas facile. Déjà tu obtiens les meilleures notes, mais tu ne te tiens jamais en place. Maintenant, il s’est passé quoi ?

- Juste un malentendu. »

 

Elle ne lui avouera rien du tout. Les autres pourraient bien la mettre en tord, jamais elle ne baissera les bras. Surtout avec des pestes comme ça. Pourtant, elles étaient toutes pareilles. Toutes ont été orphelines, ont vus leurs proches se faire livrer comme du vulgaire bétail aux monstres.

Il n’y avait pas la moindre lumière au bout de ce tunnel. Toutes devaient constamment vivre avec une charge lourde sur leurs épaules. Ignorant toutes les railleries de sa supérieures, Emma put enfin faire demi-tour, s’apprêta à sortit puis tomba nez à nez avec un médecin. Elle écarquilla ses yeux, recula, serra des dents.

 

« - Ne crois pas qu’on va te laisser filer aussi facilement. Une correction s’impose.

- Quelle...correction ? Souffla Emma, sentant des frissons se manifester chez elle.

- Tu ne sauras tarder à le savoir. Se contenta d’ajouter la formatrice. Maintenant… à demain. »

 

Sourire est interdit. Montrer le moindre soutien est signe de faiblesse. Être optimiste et enjoué n’existe pas.

La salle de correction comme son nom l’indiquait, n’était absolument pas gai. Des chaînes argentées étaient suspendues depuis le plafond. Des menottes accrochées au mur de pierres. De la poussière et du sang séché se répandait dans la pièce, qui donnait un haut-de-coeur à la rousse, qui fut contraint de retirer sa robe. Ces punitions dataient apparemment depuis des années. Généralement, les seules ayant vécus ce genre d’atrocités, revenaient traumatisées.

Abaissant son habit jusqu’à sa taille, veillant à garder ses bras dans les manches, Emma grimaça, serra des dents. Heureusement, ce qui l’attendait n’était que vingt coups de fouets. Si on l’avait mise nue, on aurait découvert son secret, puis bonjour les médicaments et la drogue. Depuis qu’elle était arrivée ici, l’adolescente avait concocté plusieurs plans d’évasions. Mais rien n’avait pu être utile. Trop de surveillants… et des démons qui guettaient la sortie. En outre, le seul échappatoire était de devenir une « maman ». Si seulement elle avait l’intelligence accru de Norman ! Ou encore, la prévoyance et les connaissances de Ray ! Si ils étaient ici encore, ils auraient à eux trois…

Clac.

Premier coup de fouet. Echappant un couinement, les yeux écarquillés, Emma se mordit sauvagement ses lèvres. Elle refusait de pleurer ici, devant ces inhumains. Autant le faire seule, dans sa ‘’chambre’’. La douleur lui brûlait tout son dos, de violents spasmes parcouraient en elle et c’était comme si, à chaque coups qu’on lui infligeait, était des lames brûlantes. Son corps n’arrivait pas à tenir, elle tremblait, ses jambes flageolaient et menaçaient de tomber.

Or si l’adolescente s’écroulait, on lui préparerait pire. Elle fut donc contraint de tout supporter. Le temps lui paraissait beaucoup trop lent. Les larmes lui piquaient les yeux, cependant, elle les gardaient clos, se réduisit en silence le plus complet.

Une fois la torture terminée, Emma relâcha tout. Haletante comme un bœuf, les yeux rouge et humides, elle s’appuya sur ses joues. Tout son dos était rouge, avec certaines blessures de visibles. De la sueur coulait sur elle, comme si c’était une véritable fontaine. On lui ordonna de repartir sur le champ après cela. Emma ravala sa salive, pour dessécher sa gorge pour les remercier, se rhabilla et très vite, se congédia dans ses appartements.

Les jours se succédèrent et Emma cacha son jeu aux autres. Elle s’adapta aux conditions et modes de vie ici. Elle ne voulait pas subir de nouveau de la torture. Dès qu’on l’approchait, la rousse dévisagea la personne. - bien que cela ne lui plaisait guère - .

Soucieuse au bout de quelques mois, après s’être mutilée une énième fois, quelque chose lui traversa l’esprit.

 

« - Et Gilda ?… Elle n’est toujours pas venue ici… et ses notes sont correctes… »

 

Avait-elle été livrée ? C’était sûrement ça. Elle avait maintenant seize ans. A cette vérité frappante, la rousse se recroquevilla, pleura en silence. Imaginant tous ses amis auprès d’elle, la serrant contre eux. Même si ils étaient des fantômes, ou probablement son imagination ou illusion dépressive, l’adolescente aux longs cheveux et à l’épi au crâne, avait énormément besoin de soutien.

D’affection et d’amour.

..

.

« - Félicitation. Tu as été promue « Maman » à Grace Fields. »

 

Son chez elle depuis son enfance. En jaugeant du regard sa formatrice sans le moindre émotion, Emma s’inclina, la remercia pour cette affirmation.

A vrai dire, le plus dur n’avait pas été cela. Non…

Son bébé. On l’avait prélevé un bout de son adn, fait transférer un spermatozoïde dans son ovule. La méthode In Vitro. Afin de ne pas faire disparaître l’humanité. Pour féconder d’autres humains qui finiront dans le ventre des démons. Cela avait été l’une des expériences les plus atroces pour Emma.

Isabella, sa mère, avait vécu cela elle aussi ? Cela avait dû être horrible. Et on lui avait retiré son propre enfant, qu’elle ne reverra plus jamais.

Personne ne devrait vivre cela.

. .

.

« - Mamaaaaa !! »

 

Sortant de sa transe, Emma leva ses yeux vers un petit garçon seulement âgé de cinq ans. Qui ressemblait à deux gouttes d’eaux à Phil. Avec un petit sourire attendrit, la jeune femme répondit :

 

« - Oui, Théo ?

- Il y a Manon qui m’a volé ma locomotive ! Et elle me fuit en riant !! Se plaignit le petit, avec une petite moue adorable.

- Je vais l’attraper, cette chenapan ! Déclara la rousse avec détermination, le sourire joueuse aux lèvres. »

 

Quittant son siège, laissant sa tasse de café derrière elle, qui avait sans doute, dû refroidir, sortit du bureau. Ses talons faisaient du bruit dans la pièce qu’elle referma doucement. Sortant sa montre à gousset de sa poche de tablier, elle localisa rapidement la fillette qui s’amusait à jouer avec le jouet du pauvre Théo dehors, à dix-huit heure passé.

Elle retrouva la petite voleuse derrière l’étendoir à linge. Avec un grand sourire sur son visage, ses longs cheveux longeant sur le coté alors qu’elle se penchait sur la gauche, l’enfant sursauta.

 

« - AHHHHHH !! M-Mama !!?

- Coucou~ Tu rends maintenant son jouet ou sinon… CHATOUILLES !

- AHHH NOOOON !!! »

 

La femme se rua sur la fillette et la chatouilla de partout, mêlant ses rires avec elle, qui étaient sincères.

Bien sûr qu’elle aimait plus que tout les enfants orphelins d’ici. Ils étaient sa famille… Et elle ferait tout pour eux. Derrière elle, deux grands garçons les plus âgés la toisait avec amusement et moquerie. L’un était brun aux yeux noisettes tandis que le second était blond, ébouriffés aux yeux bleu.

 

« - Maman, libère Manon, elle va mourir. Lui envoya calmement le brun.

- Tu es toujours joyeuse Maman. On fait une omelette ce soir, ça te va ? »

 

Ce duo, ressemblait à Norman et Ray. A chaque fois qu’elle les voyaient, elle se sentait comme apaisée. Tous deux étaient excellents au jeu du loup. Ils sprintaient rapidement, tel le vent. Etaient tous deux aussi bons et intelligents, possédant les meilleures notes.

Ayant déjà calculé leur date d’expédition, Emma avait mûrement réfléchit. Et ce serait eux qui prendront sa relève. Ce que sa propre mère lui avait empêché avec les autres. Le secret le plus dur à dévoiler, elle comptait leur faire part. Elle sourit et se releva doucement, lâchant la petite fille pour les serrer contre sa poitrine, ses mains sur les cheveux des deux garçons.

 

« - Je vous aimes tous les deux. Murmura t-elle avec douceur.

- Il y a quelque chose qui ne va pas ? Lui demanda le blond avec innocence.

- Je voudrais vous avouer quelque chose. Et ce sera à table… et ce ne sera pas facile à digérer. Serez-vous prêt pour la vérité ? Pour le vrai monde ? »

 

Les deux garçons avaient les yeux ronds et s’échangèrent un regard complice. Avec méfiance, le brun lui lança un peu prudemment :

 

« - Comme… pour la disparition des autres ? De cette créature… qui…à prit la vie de Hugo ?

- Vous avez vus ? Tant mieux… »

 

En effet, elle leur avait laissé le jouet du garçon âgé de huit ans sur la table du manger. Comme avait fait Ray pour Conny. Elle voulait qu’ils les sachent, comme elle avait vécue. C’était peut-être égoïste de sa part, cependant, le temps jouait avec tous. La rousse s’écarta des garçons, retrouvant sa lueur d’espoir et toute sa détermination qu’elle avait autrefois, petite.

 

« - Fuyons tous ensemble. Sortons de cette ferme. Nous ne pouvons laisser les autres mourir. Je n’avais pas d’autres choix. Croyez-moi. J’ai eu pareil à votre âge…

- Sérieusement ? S’étonna le brun, n’arrivant pas à y croire. »

 

D’un sourire nostalgique et triste, elle se permit de tout leur dévoiler. Ce qu’elle fit également auprès des autres, qui étaient dépités. Mais leur mère ne leur mentait jamais. Alors ils la crurent sans rien se douter. Emma les entraînaient dans la forêt, laissait parfois les garçons ajouter leurs touches personnelles, leur parlait de W.M, leur donnant le stylo que lui avait donné sœur Krone à a mort. Eux, trouveront tout.

La prochaine génération sera la clé, ils changeront ce monde pitoyable et abominable. En faisant tout cela, Emma avait l’impression de sentir la présence de sa famille derrière elle, lui sourire et la féliciter. La rousse sourit, se sentant de nouveau vivante.

Elle s’était mutilé encore. Toutes ses traces sur son bras, représentaient les années, le nombre des personnes qu’elle avait aimé et aurait voulu secourir.

Le jour J, la jeune femme aida tout le monde à escalader le grand mur. Les yeux rivés sur le levé du soleil, le ciel se teintant d’une couleur chaude et agréable, une brise légère souffla sur elle, emportant des feuilles d’arbres et ses cheveux et robe dans la trajectoire du vent.

 

« - Emma.

- Emma. »

 

Se retournant, ses yeux vert s’écarquillaient en voyant ses deux précieux amis. Elle sentit son coeur se serrer.

 

« - Norman… Ray…

- Tu as tenu bon. Lui félicita Norman avec un sourire attendrit.

- Ouais. Content te t’avoir pu empêcher plusieurs suicide avec une aiguille, idiote. Lui rétorqua Ray, un peu ironiquement.

- Oh ! C’est bon !! C’est pas toi qui a vécu ce que j’ai eu !!! Lui gronda Emma en agitant ses bras, comme une enfant. »

 

Les rires des deux garçons l’emportait. Oui, aujourd’hui… la veille de son anniversaire.

Elle se donne la mort, après avoir vu l’autre coté du mur.

 

« - Merci. A vous deux de m’avoir soutenu jusqu’ici… Et aux autres… je vais pouvoir vous rejoindre…

- Oui… Mais j’aurais aimé que tu puisses vivre encore. S’exprima le garçon aux cheveux blanc, l’air attristé.

- Tu ne pouvais pas faire autrement. Lui rassura Ray, les mains dans ses poches. Par contre, sache une chose, que les autres enfants t’aime réellement. »

 

Emma esquissa un sourire triste. Oui, elle aussi elle les as aimé. Elle regarda sa montre à gousset, vérifiant que personne n’avait de trace sur eux. Tous les bébés n’en avaient plus. Les autres également. Les plus jeunes restaient ici, le temps que les grands trouvent un bon refuge, pour pouvoir les accueillir et vivre en paix.

Doucement, elle ferma son radar puis sourit jusqu’aux dents à ses deux amis.

 

« - Bon ! Je vous rejoins, cette fois sans casser un os !

- ..Hein ? S’inquiéta Norman, figé.

- Ahahahaha ! Rit le noiraud aux éclats, à cette remarque qui lui rappelait un souvenir de fou. Ouais, ouais. Si tu veux !

- On t’attend, Emma.

- Ouais. J’arrive les gars. »

 

Prenant à son tour, son élan, la femme tira sur le draps, courut le long du mur et rejoignit les autres. Le vent était faible, ce qui arrangerait la trajectoire des enfants, qui sautait du mur, rejoignant l’autre coté, où une grande forêt assez sombre était visible. S’aidant d’arc, d’une corde bien accrochés aux troncs d’arbres, les enfants se tenaient aux cintres pour glisser de l’autre coté sans danger.

Une fois que tous avaient atteints de l’autre coté, Emma se tint au cintre puis inspira un grand coup. Elle avait l’impression de se revoir enfant, à onze ans, elle aussi portant que du blanc. Le sourire plana sur son visage lorsqu’elle s’élança.

Soudain, une violente décharge électrique se manifesta en elle et son corps se stoppa de suite. Pourtant, Emma souriait toujours. Au final, elle n’avait pu atteindre l’autre coté, avec les enfants. Elle avait pourtant aimé être prêt d’eux, pour qu’ils la serre dans leurs bras, pleurant pour sa mort.

Ses mains lâchèrent le cintre et lourdement, la femme tomba dans le vide, toujours le visage heureux et libre.

Les enfants hurlaient, pleuraient, ne connaissant même pas la vérité au sujet de la puce électronique en elle. Et, suivant son conseil, ils s’éloignaient le plus vite possible, chagrinés pour sa mort, pour ne pas se faire attraper par les démons, ayant reçus le signal.

 

« - T’as fini de pioncé ?

- E-Eh ?... »

 

Se réveillant dans une plaine, se redressant sur ses coudes, avec son corps d’enfant, Emma aperçut les deux garçons lui sourire, avec les autres enfants, ainsi Conny et les autres. Les larmes montaient aux yeux de la rousse. Norman s’accroupit, posa sa main sur l’épaule de son amie.

 

« - Tu nous as manqué.

- V-Vous aussi… sanglota t-elle.

- Emma. L’appela Conny, auprès de Don qui lui souriait.

- Emma… L’apostropha Gilda, les larmes aux yeux.

- On est au paradis ? Supposa Emma, se tournant vers Norman et Ray qui acquiesçaient en même temps. C’est….joli. »

 

Le ciel était d’un orange magnifique, un coucher de soleil brillait à l’horizon, derrière un grand arbre. Autour, plusieurs fleurs rouge qu’on trouvait sur les cadavres des enfants. Emma se leva avec l’aide des deux garçons et toute souriante, elle leva ses bras joyeusement, accueillant tous dans ses bras.

 

« - Je suis de retour tout le monde !!!! »

 

 

° Bad End °